Aït Bennasser (ASNL) : « Le travail commence à payer »

Le club de l’ASNL truste le podium de Ligue 2 et sort d’une grosse semaine avec des points pris en championnat et une élimination en Coupe de France. Réservé et travailleur, un joueur de l’ombre gratte des ballons dans les combats au cœur du jeu, il casse les lignes, gagne des duels, marque et fait marquer. Il profite de la lumière braquée sur son club mais surtout de la qualité et de l’intensité de son travail pour laisser entrevoir une partie de son potentiel que l’on devine très grand. Un potentiel qui a déjà charmé la presse transalpine qui évoque parfois son nom. Il profite de la confiance de Pablo Correa et de son staff pour faire ses armes à seulement 19 ans et a signé son premier but plein d’audace d’un « X » que l’on suppose être celui de la Croix de Metz, le quartier de son enfance. Ce joueur, c’est Youssef Aït Bennasser, pur produit du centre de formation nancéien, et qui impressionne par sa maturité. Entretien avec un surdoué.

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Bonjour Youssef, peux-tu rappeler comment tu as rejoint l’ASNL ?

J’ai commencé à jouer au football en périphérie de Nancy au FC Toul mais assez tôt, à 8 ans, j’ai signé une licence avec l’ASNL où j’ai fait mes classes dans les différentes sections.

Tout est allé plutôt vite pour toi…comment as-tu intégré le groupe pro ?

Cet été je savais que j’allais faire le nombre pour la préparation avec le groupe professionnel. J’ai donc décidé de bien me préparer en amont en suivant à la lettre un programme concocté par Lassana Sylla un préparateur physique, et ce, afin d’arriver le mieux possible au stage de pré-saison. Cela m’a beaucoup aidé pour arriver dans les meilleures dispositions. J’ai débuté les matchs de préparation sur le banc puis je me suis appliqué à bonifier le temps de jeu que le coach m’accordait. Sa confiance s’est poursuivie lorsqu’il m’a fait jouer mon premier match pro officiel contre Tours, et le club m’a conforté en me faisant signer un contrat.

Tu as toujours su que tu voulais être professionnel ?

Jusqu’à mes 15 ans il est vrai que c’est surtout la notion de plaisir qui prédominait. Arrivé en U15 j’ai commencé à me dire qu’à force de travail, je pouvais légitimement y croire. Le travail commence à payer.

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Etre milieu de terrain, est-ce un poste qui met de la pression surtout quand on a un rôle de relayeur ?

Evidemment au départ il y avait une certaine pression surtout due au fait que je débutais à ce niveau, mais j’ai appris à me relâcher afin d’être attentif au jeu et pouvoir me donner au maximum ; j’ai la chance d’être parfaitement épaulé par des joueurs ayant beaucoup plus d’expérience que moi comme Guidileye et Pedretti qui m’aident beaucoup dans le replacement et me conseillent afin de rendre mon jeu plus efficace. Je me sens un peu plus confortable désormais.

Tu as marqué ces derniers jours et fait une passe décisive, comprends-tu que l’on puisse maintenant être plus exigeant envers toi ?

C’est normal que l’on m’en demande plus car je sais que j’ai encore une marge de progression. Je sais que nos résultats vont faire que les équipes en face peuvent être plus attentives à mes montées mais je m’y attends et je vais continuer à suivre les recommandations du coach.

Tu mets un but extraordinaire qui semble instinctif. Sérieusement, c’est vraiment ce que tu voulais faire ?

C’est le genre de geste que je répète souvent aux entraînements sans forcément trop de réussite, mais à ce moment du match, alors que l’on mène et que je suis plutôt excentré, je sens que c’est ce qui doit être tenté. Par bonheur cela fonctionne.

Plus jeune, avais-tu le poster d’un Esthète du Foot au-dessus de ton lit ?

Oui comme tout le monde je pense ! Je me souviens de joueurs comme Ronaldinho, Henry ou Iniesta qui effectivement me donnaient envie d’aller plus loin dans le football.

Tu as facilement trouvé ta place en ta qualité de petit nouveau dans le vestiaire ?

Oui car il y a une très bonne ambiance dans ce groupe et on travaille bien ensemble. Après c’est vrai que c’est plaisant d’évoluer avec des joueurs comme Chrétien ou Hadji que je voyais plus jeune lorsque j’allais au stade. Je les admirais aussi car en tant que franco-marocain nous regardions beaucoup les matchs de l’équipe Nationale du Maroc dans ma famille et je les y voyais représenter fièrement le maillot. J’ai plaisir à jouer avec eux, je suis le mieux possible les conseils qu’ils me donnent et j’espère avoir la même carrière qu’eux.

Tu es encore très jeune, mais as-tu déjà pensé à ton futur choix quant à une équipe nationale ? (France ou Maroc en l’occurrence)

Je pense que je dois surtout me concentrer sur mon début de saison, être attentif à ce que me dit le staff et faire une saison pleine. Je ne veux surtout pas brûler les étapes ou me disperser. Si le moment vient et que la question se pose je prendrai le temps d’y songer et surtout d’en parler avec mes parents !

As-tu un geste technique préféré ?

J’avoue que non !

Outre le championnat de France, d’autres championnats t’attirent-ils ?

La question n’est clairement pas d’actualité. Je suis bien à Nancy et j’apprends mon métier. (Ndlr : on insiste un peu) Après, il m’arrive de regarder différents championnats étrangers dont différentes caractéristiques pourraient m’attirer, mais disons qu’actuellement l’intensité, la passion et la ferveur que dégage la Premier League me plaisent bien. Mais bon, ce n’est qu’une tendance évidemment.

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Ce n’est pas une pression de jouer aussi jeune dans son club formateur avec sa famille et ses proches dans le stade ?

Pas du tout car ils m’aident beaucoup. J’essaie d’être bien entouré. Grâce à ma famille je garde la tête sur les épaules et c’est très important !

Tu as une relation particulière avec Pablo Correa ?

Cela se passe très bien et on discute régulièrement ensemble. Je n’oublie pas que c’est lui qui me lance dans le grand bain et m’accorde sa confiance. Il est exigeant avec moi mais aussi avec le groupe, charge à moi de faire le nécessaire pour répondre à ses attentes et apporter des choses positives à l’équipe.

Tu ressens de la pression de la part des supporters ?

Ils ont des attentes légitimes et il est vrai que nous avons de bons échanges avec eux. Si les résultats ne sont pas satisfaisants ils nous le font comprendre mais tout cela va dans l’intérêt du club ! On sait qu’ils sont avec nous dans les bons moments comme dans les moments plus difficiles.

Merci à Youssef Aït Bennasser d’avoir accordé de son temps aux Esthètes du Foot  !

Propos recueillis le 06/12/2015 – Crédits photo : Elodie Jouan

A propos de l'auteur

Romantique du Football qui aime le beau geste et considère ce sport comme de la poésie en mouvement. Fan de Pelé, Papin, Rooney et CriCri... il aurait mis près de 1037 buts depuis qu'il a signé sa première licence

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