AS Monaco: la nouvelle politique

L’AS Monaco n’est pas à la fête. Le mélange bière limonade grenadine ne semble pas prendre et les résultats des premières journées de Ligue 1 laissent présager une saison longue comme Peter Crouch. Finies les dépenses somptuaires et le train de vie princier, l’ASM est passée à la seconde phase de son plan stratégique, entre réduction massive des dépenses et recherche de profits via les transferts de joueurs.

Un choc stratégique

Après une année d’investissements massifs ayant permis d’attirer des stars, de braquer les projecteurs sur le club de la principauté et d’atteindre la seconde place de Ligue 1 qualificative pour une LdC pourvoyeuse de fonds, l’ASM opère en 2014-2015 un revirement stratégique profond. La politique d’investissements massifs s’est arrêtée net comme un Grenier claqué aux adducteurs et l’ASM s’est degraissée tel un Gignac en cure à Merano. Out Ranieri, en désaccord sur les ambitions et les moyens de recrutement du club, out l’Esthète James Rodriguez, ce bon Falcao, Rivière, Obaddi, ou Abidal. Côté arrivées, l’ASM à recruté light et sans grandes folies, avec en recrues majeures un Jardim aux manettes et un Abdennour renforçant la défense centrale du Rocher.

Un club en manque de ressources

Ce revirement stratégique est évidemment lié à l’instauration du Fair Play Financier, qui contraint les clubs disputant des compétitions européennes à atteindre l’équilibre entre dépenses et recettes sur trois ans. Comme l’explique l’économiste Bastien Drut dans son article « Les règles de fair play financier dans l’UEFA : quelles conséquences pour le football européen ? » paru dans l’International Review of Sport and Violence 

A partir de la saison 2013-2014, l’accès aux compétitions européennes (Ligue des Champions et Ligue Europa) sera conditionné à de nouvelles règles : les recettes des clubs ne devront pas dépasser les dépenses de plus de 5 millions d’euros sur les deux saisons précédentes (sur les trois saisons précédentes à partir de la saison 2015-2016). Cette « tolérance » sera portée à 45 millions d’euros si les actionnaires couvrent l’excès de dépenses (30 millions d’euros à partir de la saison 2015-2016)

Niveaux dépenses, le club de Vadim Vasilyev s’est donc fortement calmé mais le poste « recettes » souffre toujours autant de la faiblesse de la billetterie et des revenus de sponsoring. Niveau affluence à Louis II, on repassera, car avec 8906 personnes en moyenne à domicile sur 2013-2014 et un taux de remplissage de 48%, Monaco fait pâle figure. 19è sur 20 sur ces deux indicateurs, indigne d’un dauphin de Ligue 1, surtout quand on sait que les « gros » clubs français tournent autour d’une affluence moyenne de 40000 personnes par rencontre, 45000 pour le PSG.

Le gag sponsoring

En termes de sponsoring, quand certains grands clubs signent des deals hallucinants, l’ASM se paye le luxe de disputer l’Emirates Cup sans sponsor maillot, la faute à des attentes un peu trop gourmandes de la principauté qui souhaitait négocier autour des 10 millions annuels contre 5 la saison passée. Les marques de luxe ciblées par le club comme sponsors maillot potentiels n’ayant pas souhaité faire suite, l’ASM s’est retrouvée à devoir signer début août et un peu à l’arrache un accord avec FEDCOM, le sponsor historique du club que les dirigeants n’avaient à la base pas souhaité renouveller. Monaco continuera donc avec l’entreprise russe de souffre et d’engrais, avec un accord pour un montant inférieur aux 10 millions annuels souhaités par le club.

Seule issue pour engranger de la caillasse, les qualifications pour la Ligue des Champions et la vente de joueurs, cette dernière semblant désormais LA solution privilégiée par les dirigeants monégasques pour réaliser des plus values et ainsi équilibrer les comptes. James a en ce sens été très bien vendu, avec une coquette plus value de 45 millions sur un an. Le plan Falcao était certainement similaire (acheter un joueur star sud-américain pour le revendre après la coupe du monde avec une belle plus value), mais ses ligaments croisés en ont décidé autrement. Les monégasques miseront sur les années à venir sur la promotion de jeunes talents comme Kondogbia, Martial, Kurzawa, ou Ocampos qu’ils pourront développer pour les revendre en engrangeant une plus value.

Sportivement, ce début de championnat est plus que décevant avec une défaite 2-1 à domicile en ouverture contre Lorient et une gifle reçue à Chaban Delmas contre des Girondins « on fire ». Un démarrage diesel pas forcément rhédibitoire mais qui oblige le club de la principauté à un résultat demain contre Nantes. Jardim pourrait donc se risquer à aligner d’entrée Falcao, préservé les deux premières journées. La pression est déjà là, reste à bien doser le mélange pour retrouver un bon vieux Monaco digne de ce nom.

A propos de l'auteur

Supporter du PSG depuis tout petit, il est fan de Bergkamp, Henrik Larsson, Inzaghi, Zkatan, Van Nistelrooy, et de ce bon vieux Sammy Traoré. Il aime Paris, et joue toujours au ballon dans son club de toujours, dans le 9-4.

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