Coup de gueule: Pologne-Grèce

Le coup d’envoi de cet Euro 2012 en Pologne et Ukraine a été donné vendredi avec la rencontre opposant la Pologne à la Grèce. Le match, d’une bien faible qualité, s’est soldé par un match nul 1-1. Comme annoncé par JoSePh dans son article, le but de la Pologne a été inscrit par sa star, Robert Lewandowski, le buteur du Borussia Dortmund. Bien qu’ayant évolué à dix contre onze, et après une première mi-temps assez difficile durant laquelle ils n’avaient que peu vu le ballon, les grecs ont su réagir par une réalisation de Salpingidis. J’ai apprécié la prestation de l’attaquant grec du Celtic FC, Georgios Samaras, doté d’une belle technique et d’un gabarit imposant. Le numéro 7 grec s’est rendu très disponible durant toute la rencontre, travaillant aussi bien durant les phases défensives qu’offensives. Son jeu de tête et sa conservation de balle (ce fut particulièrement criant dans les petits espaces face à plusieurs adversaires), a permis à plusieurs reprises au bloc grec, alors en difficulté, de remonter d’un cran.

Malheureusement, l’objet de ce « Coup de Gueule  » est surtout de revenir sur la prestation pathétique du corps artibral qui a influé sur le déroulement de ce match d’ouverture.  Le défenseur Sokratis Papastathopoulos a d’abord été expulsé après deux cartons jaunes inexistants. Même à vitesse réelle, il est très difficile de donner raison à l’arbitre sur ces deux actions. Ajoutez à cela une main non sifflée dans la surface du « déchet français » (voir ici) Perquis, le tout à moins de cinq mètres du cinquième arbitre (oui, celui là même qui n’a que la surface de réparation à surveiller) et un hors-jeu inexistant sur un but grec et vous aurez l’étrange impression que tout était fait pour légèrement avantager l’équipe polonaise à domicile.

Pour rééquilibrer la balance, un penalty (de compensation ?) a ensuite été accordé aux grecs pour une faute de Szczesny, sanctionné sur le coup par la double peine. Le gardien des Gunners n’a d’ailleurs pas semblé très rassurant durant ce match, et Arsène Wenger gagnerait à penser à regarder du côté de la France où un gardien international français pourrait bien avoir envie de changer d’air. Bref, sur ce penalty en faveur des grecs, il y a moins à redire puisque Gekas est touché par Szczesny légèrement en retard sur sa sortie. Visible à vitesse réelle, la décision devient plus contestable au ralenti, le contact étant minime et pas forcément propre à désequilibrer le joueur grec . Heureusement pour l’équipe polonaise, le vétéran Karagounis n’a pas fait preuve d’adresse en manquant son tir, bien stoppé il faut le souligner par le gardien remplaçant polonais Tyton. Ce penalty est un modèle du genre de ce qu’il ne faut pas faire lors de cet exercice, à savoir une passe intérieur du pied à ras du sol. Un bon vieux coup de pied en hauteur à la Shearer… Passons…

Après l’accumulation d’erreurs du corps arbitral (le rouge, la main non sifflée et le hors-jeu grec très discutable), la théorie du biais pro équipe organisatrice (à vérifier lors du match de l’Ukraine) se met nécessairement en place dans les esprits. Avec tout le business en jeu derrière les compétitions internationales et leurs répercussions économiques, (vous pourrez par exemple lire l’article Les Echos ou l’étude anglophone Soccernomics – rien à voir avec le livre, nous y reviendrons plus tard, une version française doit sortir fin juin – de la banque néerlandaise ABN AMRO), difficile de croire encore à un sport complètement vierge de toute manipulation. Avec un Calcio encore secoué par un scandale de matchs truqués, et présenté comme partie intégrante du folklore italien avec ses parrains, familles mafieuses et hommes politiques corrompus, impossible donc de penser dans ce contexte que l’Euro soit complètement clean. Nous n’aborderons même pas ici, l’absence de cas de dopage dans le sport le plus populaire au monde, avec un Rami qui enchaîne sans trop de difficultés 60 matchs cette saison, devenant ainsi le second joueur de champ de l’Euro ayant disputé le plus de matchs derrière la machine au 1000 abdominaux par jour, j’ai nommé Cristiano Ronaldo. Il est plus que temps que le foot entre dans le 21è siècle et en finisse avec ces arbitrages limite limite grâce à l’intégration officielle de la vidéo. Nombreux sont les sports dans lesquels ce système est partie intégrante de l’arbitrage sans pour autant que la qualité (déjà bien trop souvent faible) et le temps de jeu des matchs en pâtissent. La vidéo éviterait de nombreuses injustices, réduirait grandement le nombre de simulations qui pervertissent le jeu, et garantirait la neutralité des arbitres indispensable au déroulement d’un match de qualité pour les acteurs et les spectateurs. On peut toujours se prendre à rêver…

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