Mais en fait, il vaut quoi David Luiz ?

« Tout le monde connait David, un des meilleurs défenseurs du monde ». C’est ainsi que le président du PSG Nasser Al Khelaïfi a présenté son nouveau défenseur, recruté à prix d’or pour la modique somme de 50 millions d’euros. Une déclaration qui n’a pas laissé grand monde indifférent, certains considérant David Luiz comme un dieu vivant, d’autres le prenant pour la banane du siècle. S’il n’est évidemment pas numéro 10 à Paname, la vérité se situe peut-être quelque part entre les deux…

Luiz

God Luiz

Du haut de ses 27 ans, David Luiz porte sur les épaules et dans sa tignasse le poids de son transfert. Arrivé en tout début de mercato en provenance de Chelsea, le natif de Diadema dans l’état de São Paulo possède une réputation bien établie, acquise lors de ses passages successifs à Benfica puis chez les Blues. Il débarque à Lisbonne en 2007 après avoir quitté son club formateur du Vitoria Bahia. Clin d’oeil du destin: son premier match en Europe, David Luiz le dispute au Parc des Princes avec les cheveux courts lors d’une rencontre de coupe de l’UEFA.

Un tacle horrible de Sylvain Armand et une défaite contre la bande à Pierre-Alain Frau plus tard, le joueur auriverde s’affirme à partir de 2009, après avoir contracté plusieurs blessures ayant retardé son éclosion. Il démarre en tant que latéral gauche avant d’être repositionné à son poste de prédilection: dans l’axe de la défense. Une position dans laquelle il ne tarde pas à former la paire avec le Sammy Traoré local Luisao. Celui qui s’amusait à imiter les Chippendales sur les tables de l’école à 6 ans – pas Luisao, David Luiz – est costaud, mais il possède également une technique d’Esthète qui impressionne les observateurs. Élu meilleur joueur du championnat portugais pour la saison 2009-2010 notamment grâce à ses tacles à la gorge, ses crochets, ok, le Brésilien fait plaisir balle au pied et est également à son aise dans les frappes de balle. Il lui arrive en effet de balancer une cacahuète en pleine lucarne sur un coup-franc ou un tir lointain.

Après une première partie de saison 2010-2011 plus difficile à Benfica, David Luiz met les voiles pour Chelsea en janvier 2011 pour 25 millions d’euros plus Nemanja Matic, sur qui Roman Abramovitch, en bon visionnaire milliardaire, décidera de remettre 25 millions trois ans plus tard. A Londres, le chevelu donne immédiatement satisfaction. Il joue, marque, et s’affirme comme un roc, ce qui peut aider au pays du Kick and Rush. Il remporte la Ligue des Champions en 2012 et la Ligue Europa en 2013 après avoir marqué deux buts monstrueux en demi-finale. Et c’est là que l’affaire va se corser.

Mourinho, Chelsea, love and hate story

Lors de la saison 2013-2014, David Luiz ne parviendra pas à bousculer la charnière centrale Cahill-Terry, John le cocufieur étant revenu au sommet de sa forme. Mais peu importe, le vrai objectif de la saison est pour juin-juillet, avec sa Coupe du Monde au pays. Propulsé parmi les stars de l’équipe, le numéro 4 déçoit et devient un des symboles de la débandade totale du match contre l’Allemagne. Les joueurs auriverde, courageux, se suicident en direct et se font fumer par la Mannschaft avec un David Luiz improbable. Ce malin de Thiago Silva ayant senti le coup, il avait préféré assister au match des tribunes avant de venir réconforter sa moitié en mode carafe d’eau dans les pupilles.

« Y’a plus de numéro 10 dans ma team »

Sa Coupe du Monde en demi-teinte vient alors rappeler aux supporters qu’il s’agit du défenseur le plus cher de l’histoire, depuis dépassé par Eliaquim Mangala. Eliaquim who ? A mieux y réfléchir, David Luiz n’était pas un titulaire du Special One à Chelsea. «Et Mourinho, en défense, il s’y connait quand même un peu, non ?» vous rappelleront tous ceux qui souhaitent voir le « Qatar Saint Germain » chuter.

Les percées chevaleresques de l’international auriverde laissent parfois songeur tant elles mettent en danger l’équilibre de l’équipe. José Mourinho l’avait compris mieux que tout le monde en replaçant David Luiz au milieu de terrain en Ligue des Champions. Après le départ de son milieu de terrain remplaçant, ce bon vieux José s’est même permis de l’égratigner avec des lyrics d’humeur maussade: « S’il me manquera ? En tant que défenseur central, pas du tout ». Merci, au revoir.

Ce qui déplaisait au tacticien portugais chez le fantasque brésilien ? Ses errements défensifs trop fréquents, comme ce petit cadeau à Thomas Müller pour l’ouverture du score et le lancement de la machine de guerre allemande en demi-finale de Coupe du Monde.

Au vu de son indéniable talent, David Luiz devrait se balader en Ligue 1. Là où il opèrera, nombreuses seront les victimes, il va tacler, balancer, monter, peut-être même marquer et s’embrouiller avec Jordan Ayew. Avec une meilleure technique que 80 % des attaquants du championnat, le chevelu pourrait même parfois être tenté de la jouer facile avec ses adversaires. Mais le temps des grandes échéances européennes venu, le supporter parisien en viendra peut-être à regretter son sobre mais fiable compatriote Alex aka Le Tank, parti se perdre dans un club de seconde zone italienne. Pour quelle raison ? Celle invoquée par Gary Lineker, qui fournit une explication crue mais pas forcément dénuée de tout bon sens: «Je suis désolé pour le PSG, mais David Luiz n’est pas un défenseur et ne le sera jamais»

 

A propos de l'auteur

Amateur d'attaques rapides et de Loris Arnaud

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