Equipe de France: alors, où est-ce qu’on va ?

Sortis vainqueurs du match d’ouverture de l’Euro, les Bleus ont tout de même rendu une pâle copie face à la Roumanie au Stade de France. Il n’en fallait pas moins pour nous interroger sur le réel potentiel de cette équipe, ses forces, ses faiblesses, maintenant qu’on y voit un peu plus clair.

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Deux ans que les bleus étaient privés de matches officiels. Après des sextapes, des polémiques, des blessures, on peut dire sans forcer le trait que la préparation à la compétition des hommes de Deschamps n’a pas été de tout repos. Mais qu’importe. En ce vendredi 10 juin 2016, au moment où les travées du Stade de France se remplissent, on est relativement serein. La Roumanie n’effraie personne malgré sa « bonne défense » dont tout le monde a entendu parler mais que personne ne connaît vraiment.

Un mot sur la cérémonie d’ouverture tiens. Quand les organisateurs des grandes compétitions comprendront-ils que ça n’amène rien ? Des jeunes filles déguisées en sucreries se trémoussent dans l’indifférence totale. Tout cela passe par dessus la tête du supporter moyen qui vient de décapsuler sa bière en attendant les hymnes pour laisser déborder son patriotisme. Puis vient le coup d’envoi, dans une atmosphère qui mêle excitation et confiance.

Les trois points, c’est déjà ça

Alors forcément, voir les Roumains prendre l’équipe de France à la gorge dans les premières minutes en surprend plus d’un. Les Bleus rentrent mal dans le match, ne mettent pas le pied sur le ballon et sont par moment dominés par une équipe roumaine bien plus à l’aise techniquement que prévu. Des sueurs froides parcourent le Stade de France dans les premières minutes avant les grosses occas’ de Giroud et Griezmann

Puis, en deuxième période, le scénario est connu. Giroud ouvre la marque sur une bourde probablement du gardien roumain Tatarusanu. Puis, Pat’ Evra nous fait une belle cagade qui provoque l’égalisation roumaine sur pénalty avant le coup de canon de Dimitri Payet à la 88e minute. 2-1 pour l’équipe de France, la victoire est là. Mais alors, l’important c’était vraiment les 3 points ?

Des cadres défaillants et une fébrilité défensive

Première observation : la faillite des cadors espérés. Pogba, il va falloir en parler. La pioche tente bien, parfois trop. Il refuse de jouersimple. Ca fonctionne parfois mais ses pertes de balle peuvent coûter cher. Ce garçon encaisse-t-il vraiment aussi bien la pression qu’on le pensait ?

Griezmann, lui, est quelque peu absent des débats malgré une combativité louable. On espère que son échec en finale de Ligue des Champions ne lui trotte pas trop dans la tête et qu’il va vite s’élever au niveau qui doit être le sien.

Sinon, la défense ne dégage rien de vraiment rassurant. Evra, toujours à la recherche de la taupe semble-t-il, a fauché Stanciu dans la surface pour montrer qu’il a définitivement beaucoup appris au contact de Laurent Koscielny ces dernières semaines. D’ailleurs, on sent bien qu’il en faudrait peu pour faire craquer la charnière composée de ce dernier et du bon vieil Adil Rami. A noter côté droit, LE centre réussi par Bacary Sagna en première période qui élève son total à deux en une semaine, soit autant que depuis le début de sa carrière.

Il faut aussi avouer que Kanté, c’est fort. Pour un mec qui n’a pas joué sentinelle de la saison, celui qui donne l’impresion d’avoir 12 ans sur le terrain ne ménage pas ses efforts pour récupérer et relancer proprement. Pendant ce temps-là, Blaise Matuidi passe tranquillement à côté de son match et ça se sent dans cette équipe coupée en deux où seul Dimitri Payet tire son épingle du jeu.

Vous l’aurez compris, le bilan n’a rien de vraiment enflammant. L’émotion consécutive au but et à la sortie de Payet ne doit pas faire oublier les largesses offensives et défensives françaises. Si ça devrait passer contre l’Albanie, une équipe où la vedette est Lorik Cana, qui plus est absent pour cause de suspension, une nette montée en puissance est nécessaire si les hommes de Didier Deschamps veulent atteindre les objectifs fixés. Et ainsi assister de près à la cérémonie de cloture, on l’espère, aussi belle que le spectacle de vendredi soir.

A propos de l'auteur

Amateur d'attaques rapides et de Loris Arnaud

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