Gourcuff, la sélection qui dérange

Sélectionné par Lolo Blanc dans la pré-liste des Bleus pour l’Euro 2012, Gourcuff crée le débat. Plus que celles des Yanga-Mbiwa, Matuidi et autres demi-surprises réservées par le Président, c’est finalement la sélection du meneur de jeu de l’OL qui fait aujourd’hui couler beaucoup d’encre et dérange par l’impression d’inéquité régnant autour d’elle. L’apôtre de la mauvaise foi JMA a même osé déclarer que cette sélection était « une juste récompense », mais récompense de quoi ??? Largement assez pour alerter l’ensemble de la planète football que quelque chose ne tournait pas rond dans le dossier de l’ancien girondin…

« Sur ses années de club, son bilan est indéfendable, puisqu’il a très peu joué, et quand il a joué il n’a pas été performant, mais en équipe de France son bilan n’est pas si mauvais que cela ». De la bouche même du sélectionneur on a directement compris à l’annonce de la préliste des bleus évoluant en France qu’il y avait tentative immédiate de désamorçage de polémique concernant le meneur lyonnais. Souvent blessé cette saison, peu en vue et étant revenu à la compétition depuis à peine un gros mois avec un bilan « indéfendable », la sélection de l’ancien bordelais fait jaser. Gourcuff mérite-t-il sa sélection, Gourcuff peut-il être utile aux Bleus, Gourcuff est-il le fils caché de Laurent Blanc et donc par là-même le demi-frère d’Alou Diarra… une chose est sûre, Gourcuff est bien là dans les 26 et sera, sauf éjection en hélico le 29 mai, de la partie au sein des 23 finalistes en Pologne et Ukraine.

Les arguments de Laurent Blanc en sa faveur sont acceptables. Gourcuff offrirait une solution comme meneur et relayeur avec un profil de 10 que personne d’autre n’aurait dans le groupe, et serait un des rares joueurs frais du groupe (logique du fait de son temps de jeu famélique). Pour Blanc, « Yoann offre une solution comme meneur et relayeur. On sait ce qu’il est capable d’amener. Il n’est pas encore à 100% mentalement et physiquement (ndlr: tu m’étonnes…) mais on peut l’aider à ce qu’il le soit. Le temps est compté mais on se donne la possibilité de réussir. Il y a des entraîneurs qui réservent des places à des joueurs qui n’ont pas fait un match. On compte sur la fraîcheur, ça arrive aussi ». Autant tactiquement il est possible de comprendre que Blanc ait besoin ou envie d’avoir Gourcuff sous la main pour élargir sa palette de choix tactiques à proposer en réponse à des situations de matchs variées, autant l’aspect fraîcheur physique me paraît pour le coup franchement sonner comme une tentative de trop pour justifier un choix controversé. Depuis le départ, le sélectionneur avait annoncé que pour pouvoir prétendre à être sélectionné il fallait avoir du temps de jeu en club (vous n’avez qu’à demander à Gameiro), alors quand on sait qu’un Lass Diarra a plus joué avec le Real cette saison (25 matchs dont 21 titulaire) que Gourcuff avec l’OL (23 matchs dont 17 titulaire), il y a de quoi se poser des questions sur la crédibilité qu’offre cette sélection.

Plus qu’un débat sans fin entre pro et anti-Gourcuff, c’est plus pour le joueur que cette vague médiatique pourrait être problématique. En manque de confiance et de repères depuis une saison et demi, se cherchant physiquement et mentalement, Gourcuff devra être costaud et témoigner d’autre chose que d’un mental de chips pour faire face aux polémiques autour de la légitimité de sa sélection et prouver qu’elle ne doit rien (ou pas tout) au hasard et à la relation privilégiée qu’il entretient avec son ancien coach à Bordeaux. C’est peut-être même d’ailleurs au pied du mur que l’on verra si le garçon a le potentiel pour s’élever…autrement qu’en hélicoptère…

A propos de l'auteur

Supporter du PSG depuis tout petit, il est fan de Bergkamp, Henrik Larsson, Inzaghi, Zkatan, Van Nistelrooy, et de ce bon vieux Sammy Traoré. Il aime Paris, et joue toujours au ballon dans son club de toujours, dans le 9-4.

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