Interview Coupe de France – S. Denay (AS Pagny)

C’est la Coupe préférée des Français, celle qui voit des joueurs amateurs du dimanche matin rêver de jouer au Stade de France, ces mêmes joueurs qui, au détour d’une série de penos chelou, se retrouvent éliminés dès le premier tour de la compétition au mois de juin…un an avant la finale…

Ce début d’année 2015 est bien évidemment celui de la Coupe de France et de ses 32è de finale à jouer à partir de samedi. Parmi les équipes qualifiées, l’AS Pagny-sur-Moselle, pensionnaire de DH, est l’un des petits poucets encore en lice dans la compétition. Nous avons rencontré son stratège et emblématique numéro 10, « Monsieur » Sébastien Denay. Ce numéro 10 moderne ne se contente pas d’orienter le jeu, il est aussi relayeur, travailleur du milieu. Il crée des brèches, envoie des passes laser si nécessaire et régale l’assistance de gestes de classe affinés le long de ses tribulations sur les terrains du Grand Est ! Un talent tout à fait « platinien », car formé en partie à l’AS Nancy Lorraine, et qui est capable de débloquer une partie sur un coup de patte chirurgical comme il l’a fait au tour précédent face à Sedan ; revenons avec lui sur cette qualification et sur les 32è de finale à venir, ce dimanche , contre Yzeure (CFA).

Denay

Sébastien, c’est sur un coup franc que tu aides l’AS Pagny, alors menée 1-0, à se remettre dans la partie. Tu es le tireur attitré ?

Je tire un premier coup-franc à la 35è mais je le mets dans le mur. Sur celui-ci aux 20m, Hernandez prend le ballon pour s’en charger mais je réussis à le convaincre que je le sens bien, la distance, l’emplacement, le moment… Le gardien sedanais fait 1m92 alors je sais que ma meilleure option c’est d’aller chercher la lucarne. Je frappe grand côté en lucarne, et là on vit un moment de communion avec notre public.

Honnêtement, à ce moment-là tu te dis que tu as fait ton match avec ce but…

(Il coupe) Jamais de la vie ! Je sens que l’on peut aller chercher la gagne. Nous voilà de retour dans la partie et à ce moment on sent qu’on ne va rien lâcher. La coupe c’est particulier…un stade avec près de 2000 personnes, un club historique en face, on ne peut pas ne pas tout donner à ce moment. L’égalisation intervient à la 55è et on sait qu’on a le temps de faire ce qu’il faut.

Menés 1-0 à la mi-temps, que vous dit le coach dans le vestiaire pour vous garder dans la partie ?

Le coach Romuald Chambéry nous a donné le scénario exact de la suite des événements ! il nous a même montré lors de la causerie les images de Quevilly qui revenait dans le match en Coupe contre Rennes quelques années plus tôt. Il nous imaginait aller aux prolongations et, sur une contre-attaque rondement menée à la 117è, c’est le jeune Constant Klaus (19 ans) qui conclut superbement : c’est un jeune pagnotin qui incarne parfaitement les valeurs de détermination du club.

Le tirage a décidé que l’AS Pagny allait affronter Yzeure (CFA), ce n’est pas un peu décevant ?

Evidemment, voir dans les possibilités des clubs comme Lille, Saint-Etienne ou Bordeaux faisait rêver, mais le tirage de Basile Boli nous laisse 45% de chances d’offrir le meilleur à notre club devant notre public. C’est abordable et nous sommes tous des compétiteurs. L’ambition est intacte avec pour objectif les 16è de finale !

Tu as toujours porté le numero 10 et tu réussis une très grande partie face à Sedan, quels étaient tes consignes ?

Un gros travail dans le milieu pour casser les lignes de passes et troubler le travail du 6. Mais je devais aussi rapidement adresser le ballon vers l’avant afin d’alimenter nos attaquants ! J’aime toucher la balle et participer au jeu.

Denay

Tu appréhendes ce 32è de finale ?

Pas vraiment, j’ai déjà eu la chance d’en jouer un avec Forbach face au RC Lens des Blanchard, Rigobert Song et autre Daniel Cousin à l’époque où ils jouaient la Ligue des Champions, on avait perdu 3-2.

Tu as une histoire avec le RC Lens on dirait ?

Oui, une Finale des Championnats de France UNSS (Ndlr: Union Nationale du Sport Scolaire) malheureuse avec une génération régionale dorée des Cisco, Schemmel, Pacquot, Canitrot et Camara…on les avait pourtant éclatés en poules…

S’il y a un penalty, tu imagines beaucoup de pression et refuser de tirer comme Gourcuff ?

Non je prends mes responsabilités, pas besoin de venir me chercher. D’ailleurs, au 6e tour, il y a eu un penalty et je ne me suis pas fait prier !

Quel est ton geste technique préféré ?

Il y en a deux. C’est tout d’abord le coup franc pour toute la tension qu’il y a autour mais aussi pour le fait que ce soit le fruit de beaucoup de travail à l’entrainement. Mais il y a aussi la passe transversale, cette longue passe de 35-40m qui arrivera de manière très précise dans les pieds.

 Quel est ton meilleur souvenir en tant que joueur ?

C’est cette qualif face à Sedan devant notre public. A contrario le plus terrible c’est l’élimination au 8e tour de Coupe avec Jarville Jeunes Football face à Herrlisheim.

Et ton meilleur souvenir de football ?

Je crois qu’il y en a deux. Je vois la Finale de Champion’s League entre le Real Madrid et le Bayer Leverkusen avec le but d’anthologie de Zidane et la Finale de Coupe du Monde 2006 avec la panenka !

Tu avais un poster de joueur au dessus de ton lit lorsque tu étais plus jeune ?

Zidane, évidemment !!!

Dans « Olive et Tom », quel était ton personnage préféré ?

Olivier Atton !!!

Alors on peut compter sur toi pour nous gratifier d’un autre geste de classe face à Yzeure…

 On va se battre et faire le nécessaire !!!

A propos de l'auteur

Romantique du Football qui aime le beau geste et considère ce sport comme de la poésie en mouvement. Fan de Pelé, Papin, Rooney et CriCri... il aurait mis près de 1037 buts depuis qu'il a signé sa première licence

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