Interview – Kourichi (Algérie): « Notre jeu est fait pour attaquer »

A quelques semaines du début de la coupe du monde, Noureddine Kourichi, l’entraîneur adjoint de l’équipe nationale d’Algérie, s’est confié aux Esthètes du Foot dans un entretien exclusif. L’ancien international, défenseur central de la grande équipe des Fennecs époque 82 et 86, nous parle dans cette seconde partie de l’équipe d’Algérie avant cette coupe du monde au Brésil.

Kourichi

Comment êtes vous rentrés dans ce staff ?

En 2010 j’ai eu la chance de pouvoir assister au Mondial auquel participait l’équipe d’Algérie pour la troisième fois. En regardant l’équipe jouer j’avais envie de participer, de pouvoir faire en tant qu’entraîneur ce que j’avais pu faire comme joueur. Quand Vahid a été nommé entraîneur, il cherchait un profil comme le mien et il m’a choisi comme adjoint.

Quel est votre rôle aujourd’hui ?

Quand il n’y a pas de matchs, le staff technique n’est pas au repos ! Avec Vahid on supervise évidemment tous les joueurs qui jouent dans les championnats européens et je me déplace aussi pour aller voir des joueurs, leur parler, leur dire qu’on les regarde, qu’on les observe. Connaissant Vahid Halilhodžić qui est très à cheval sur la rigueur, rien n’est laissé au hasard.

Ce n’est pas une réputation qui suit « coach Vahid »?

Non non non, c’est quelqu’un de très méticuleux, un grand professionnel avec une grande qualité tactique. C’est un homme qui impose une forme de discipline et c’est quelque chose dont l’Algérie avait besoin. La préparation va démarrer de bonne heure (ndlr: le 10 mai) avec beaucoup de travail, de travail tactique surtout. Tous les joueurs sont conscients qu’il y a quelque chose de merveilleux qui les attend. Nous le staff devons être irréprochables dans le contenu de cette préparation.

Que pensez-vous de la génération actuelle de l’équipe d’Algérie ?

C’est une génération de joueurs talentueux. La grande force de l’équipe réside dans son collectif, il n’y a pas de star. La star, c’est l’équipe. Depuis qu’on a pris la sélection en 2011, le nombre de passes par match est passé de 200 à 450/500. Avant, on avait une moyenne de buts par matchs de 0,5 et on est maintenant à 2. On a un système de jeu qui est très offensif et qui fait qu’on se projette vers l’avant. Notre jeu est fait pour attaquer et c’est ce qui plaît aux supporters Algériens. Si on a eu des résultats c’est qu’on a mis en place une équipe qui sait jouer ensemble.

Vous parlez d’équipe offensive, votre philosophie est-elle comparable à celle de 82 ? 

Cette équipe me fait un peu penser à ça, oui. Nous sommes très attirés par l’attaque et défensivement on a la capacité à se regrouper très vite. Ça a été un travail de longue haleine qui commence à porter ses fruits et ce n’est pas un hasard si l’Algérie s’est qualifiée pour sa quatrième coupe du monde.

Quels sont les objectifs pour Rio ?

Tout faire pour ne pas avoir de regrets et penser que tout est possible en football. Vous voyez, le Bayern de Munich a pris quatre buts chez lui. Par rapport à notre groupe, tout est possible. La Belgique ça peut me faire penser à Algérie – Allemagne en 82. Je ne dis pas que l’on va battre la Belgique, mais tout est possible. L’objectif est donc d’abord de bien travailler dans la préparation pour être forts techniquement et tactiquement pour ensuite être efficace, chose que fait l’Algérie depuis 3 ans.

La qualification pour le premier tour est-elle à votre portée ?

Il n’y a pas de pression, le plus important est de ne pas avoir de regrets. Tout va se jouer sur le dernier match, ça sera à nous de faire le travail. Les joueurs savent qu’ils vont participer à une compétition exceptionnelle. Préparation, concentration, lucidité, état d’esprit, on doit jouer comme on sait le faire et pas pour se prendre la tête. On doit se dire que dans ce groupe, il y a peut être la Belgique avec les noms qu’ils ont, mais passer ce tour, oui, tout le monde y pense, on y croit. C’est à nous aussi de faire passer un message positif et les joueurs en sont conscients.

On y va avec de l’espoir mais on reste humbles. J’espère que les équipes ne vont pas nous respecter, comme l’Allemagne ne nous avait pas respectés en 82, car si on nous sous-estime…

Qui sont, pour vous, les trois plus grands Esthètes du Foot ?

Je pense que Messi est le joueur qui incarne le profil du joueur complet à ce niveau. De la créativité, de la technique, de la folie. Ensuite, Maradona, et pour le troisième j’hésite entre Platini et Zidane, c’est un choix très difficile. Platini a été exceptionnel quand il était à la Juve, j’ai joué contre lui quand il était à Saint Étienne, c’était un savant quand il avait le ballon, il voyait 5-6 situations de jeu. Zidane c’est pareil, allez, je vais choisir Zidane.

Le plus grand joueur algérien de tous les temps ?

J’hésiterais entre Assad et Dahleb. Je vais dire Dahleb, parce qu’il a fait 10 ans en haut de l’affiche au Paris Saint Germain et que pour faire ça en étant toujours efficace…

Le plus beau but de l’histoire ?

Maradona contre l’Angleterre.

Le geste que vous aimiez réaliser sur le terrain ?

L’interception, le duel gagné.

Le meilleur coéquipier que vous ayez eu ?

Marius Trésor, c’était une force de la nature, un défenseur très propre qui faisait rarement des fautes.

L’attaquant le plus chiant que vous ayez affronté ?

Bernard Lacombe. C’était quelqu’un qui était souvent dos au but et qui remisait toujours pour se déplacer et récupérer le ballon. Il n’était pas grand et il me mettait un peu en difficulté parce que moi je l’étais. Il jouait toujours dos au but et remisait sur Giresse. C’était très difficile de le prendre au marquage. Il gardait très peu le ballon, jouait en une touche, et tirait souvent en première intention, sans contrôle.

Quel est le match qui vous a le plus marqué récemment ?

J’ai bien aimé la qualité du Real Madrid contre le Bayern Munich. C’est pour ça que je vous dis que le football réserve toujours des surprises et beaucoup d’émotion.

Quelle équipe voyez-vous remporter la Coupe du Monde ?

Je vois bien une finale Brésil-Allemagne avec le Brésil vainqueur.

Retrouvez la première partie de l’interview de Noureddine Kourichi: « On aurait dû avoir Algérie – France ».

A propos de l'auteur

Supporter du PSG depuis tout petit, il est fan de Bergkamp, Henrik Larsson, Inzaghi, Zkatan, Van Nistelrooy, et de ce bon vieux Sammy Traoré. Il aime Paris, et joue toujours au ballon dans son club de toujours, dans le 9-4.

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