Jallet, le "Willy Sagnol du pauvre"

Christophe Jallet est le genre de joueur pas forcément épatant techniquement, au physique d’apparence quelconque (1m78 pour 65 kg) mais qui, à force de travail et d’abnégation, a su tirer le maximum de ses capacités. Sorte de « Willy Sagnol du pauvre », il a petit à petit imposé son style (pas capillaire) au sein de l’équipe parisienne pour en devenir l’un des piliers. Loin des clichés du footeux bling bling branleur sans cerveau, Jallet conserve malgré sa réussite une certaine simplicité, une joie de vivre et un sens de l’effort qui en font un exemple dans le monde du football professionnel. Jallet, ou le parcours d’un joueur laborieux, dans le sens noble du terme.

Christophe Jallet

Né à Cognac (Charente) en 1984 dans une famille de viticulteurs, Christophe Jallet grandit autour de deux passions : le vin et le football. Licencié dans un club local, il opte définitivement pour le foot au détriment de la viticulture en rejoignant le centre de formation de Niort en 1998, à 14 ans.

Son bac sport/études en poche, Jallet signe à dix-huit ans son premier contrat pro et gagne ses galons toujours à Niort entre 2003 et 2006 dans l’anonymat de la L2 puis du National après la descente de la saison 2004/2005. Il y continue ses études entre les entraînements avec un BTS en oenologie qu’il ne validera pas faute d’avoir pu effectuer son stage obligatoire de trois mois! Après trois années chez les chamois et un titre de champion de National sur sa dernière saison, un certain Christian Gourcuff, un type au nez creux en matière de repérage de futurs talents, le fait signer chez les merlus. Initialement troisième choix de Gourcuff au poste de latéral droit, les qualités athlétiques hors norme de Jallet (vitesse, détente, endurance) couplées à une attitude de guerrier sur le terrain lui permettent de se mettre en avant pour rapidement s’imposer comme le numéro un à son poste et comme une référence de L1. Débordant d’activité sur le terrain et très régulier dans ses performances, Jallet est même parfois utilisé pour dépanner au poste de milieu défensif ou sa combativité et son engagement lui permettent de réaliser de bonnes prestations.

Après trois saisons lorientaises, Jallet, alors âgé de 25 ans, franchit un nouveau cap en s’engageant avec le PSG pour 4 ans contre une indemnité de transfert modeste de 2,5 millions d’euros. Recruté comme doublure du brésilien Ceara, il réussit là encore rapidement à inverser les rôles pour s’imposer comme le numéro un sur le couloir. Auteur de débuts impressionnants avec deux buts en trois matchs, Jallet terminera sa première saison sur un bilan très honorable avec pas moins de trois buts et huit passes décisives. Il reste une des rares satisfactions parisiennes d’une saison ratée ayant conduit à une indigne treizième place. Sous l’ère Kombouaré et au vu des carences parisiennes au poste de milieu droit, sa polyvalence lui permettra d’évoluer assez régulièrement un cran plus haut sur le terrain.

Avec l’arrivée d’Ancelotti sur le banc parisien, il semble destiné à évoluer au poste de milieu central légèrement excentré sur la droite dans ce milieu à trois caractéristique du 4-3-2-1 (cf notre article sur le 4-3-2-1), un poste où je vous l’annonce, il va être monstrueux. Devenu aujourd’hui un véritable pilier du club parisien, Christophe Jallet est plus qu’un simple joueur au sein de l’effectif, c’est un moteur et l’incarnation d’un état d’esprit irréprochable dont on aimerait que tous les joueurs du PSG s’inspirent. Régulièrement préconvoqué en Equipe de France mais jamais appelé dans les sélections finales (un scandale !) on espère que Laurent Blanc ouvrira les yeux rapidement, d’abord parce qu’il le mérite largement, et ensuite parce qu’un footballeur œnologue sous le maillot bleu, on ne risque pas d’en avoir deux.

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A propos de l'auteur

Supporter du PSG depuis tout petit, il est fan de Bergkamp, Henrik Larsson, Inzaghi, Zkatan, Van Nistelrooy, et de ce bon vieux Sammy Traoré. Il aime Paris, et joue toujours au ballon dans son club de toujours, dans le 9-4.

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