Kombouaré viré : une aberration (1/2)

Leonardo, directeur sportif du PSG, a choisi de se séparer de Kombouaré sans vraiment donner trop d’arguments expliquant son choix (j’en veux pour preuve le communiqué laconique du club).

On peut sans prendre trop de risques imaginer que Leonardo reproche:

–  une absence chronique de jeu

– des joueurs dans un état de forme moyen

– des éliminations prématurées en Coupe de la Ligue et en Europa League, compétition qui figurait à la liste des objectifs de la saison (même si en voyant les déversés de Champions’ League, je doute que le PSG aurait pu aller au bout)

– la qualité médiocre des entraînements (lire ici, assez ahurissant)

– la gestion du cas Pastore

– le manque d’aura internationale du kanak

J’imagine que la liste de Leonardo est beaucoup plus fournie, mais en même temps il bosse dessus depuis six mois. Dès le début de saison, le directeur sportif savait qu’il devrait parvenir à évincer Kombouaré au cours de la saison pour laisser la place à un entraîneur plus renommé, créant une instabilité régnant autour du coach parisien et donc autour du club en général. Depuis son arrivée, Leonardo n’a à aucun moment démontré un soutien inconditionnel envers son entraîneur. On l’a parfois vu affirmer sa confiance en Kombouaré, à demi-mots en interview, mais en prenant toujours bien soin de nuancer son propos dans les réponses suivantes. Ses entrevues malvenues et pas très classes avec de potentiels successeurs, relayées dans toute la presse depuis deux mois sans que personne ne cherche vraiment à s’en cacher ni à les démentir ont été les signes annonciateurs de l’éviction préparée de Kombouaré. Cette instabilité autour de la situation de l’entraîneur parisien a forcément eu une incidence sur les performances collectives et individuelles des joueurs. Comment se projeter dans un avenir incertain en sachant que tout va changer du jour au lendemain? Les déclarations de soutien de Gameiro ou Ménez n’y ont rien changé, Antoine n’était pas taillé pour le poste, dans la vision des dirigeants.

La part de responsabilité de Kombouaré dans les mauvais résultats de l’équipe en Europa League et dans le jeu pas assez léché en championnat se limite au choix de son onze (encore que la persistance douteuse à titulariser Pastore plus qu’hors du coup me laisse à croire qu’il n’avait pas vraiment le choix) et de ses remplaçants (oui, faire jouer Bahebeck est une faute professionnelle). Il est donc trop facile de l’accabler de tous les torts, d’autant que Paris finit champion d’automne. J’en viendrais presque à penser que l’équipe ne pouvait pas développer un jeu beaucoup plus séduisant dans ces conditions d’instabilité : Kombouaré se sait sur un siège éjectable, il pressionne ses joueurs pour obtenir plus d’eux mais ces derniers savent très bien que Kombouaré est lui-même menacé par Leonardo. On ne peut pas écarter l’idée que, dans ces conditions, certains joueurs se seraient relâchés. Mais quel poids pouvait vraiment avoir Kombouaré sur son groupe dans un tel contexte?

A propos de l'auteur

Supporter du PSG depuis tout petit, il est fan de Bergkamp, Henrik Larsson, Inzaghi, Zkatan, Van Nistelrooy, et de ce bon vieux Sammy Traoré. Il aime Paris, et joue toujours au ballon dans son club de toujours, dans le 9-4.

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