Le Real Madrid en eaux troubles

Le Real Madrid a connu le bonheur de la LdC l’an dernier mais la carte menant à ce trésor change tous les ans. La route est connue mais semée d’embûches et d’adversaires prêts à en découdre au 4 coins des mers et océans d’Europe. En avant toute !

Real Schalke

Le Capitaine Ancelotti mène un bateau pirate reconnu et armé comme il se doit. L’adversaire du soir vit sur une Histoire passée et rêve d’écrire de nouveaux chapitres pour la postérité. En ce début de partie, on réalise déjà que Di Matteo n’est lui aussi pas un marin d’eau douce, car tous les joueurs qu’il a pourtant annoncé blessés sont présents (Huntelaar, Choupo…). Le Real navigue par temps clair et dégagé car qualifié au coup d’envoi après sa victoire 2-0 à l’aller ; mais attention à ne pas non plus tomber dans la promenade de plaisance car les Allemands se feraient alors un plaisir de leur rappeler la douce musique de l’adage de Linecker.

Un premier quart d’heure où personne ne sort de lames. On bascule de bâbord à tribord sans humer l’odeur de la poudre. A la 19e, le premier coup de canon est tiré et on se rend compte que Casillas n’a qu’un seul œil. Fuchs a tiré du bon côté, dans l’angle mort, et le gardien n’a pas l’oeil assez vif et du coup la main assez ferme, il détourne dans ses propres filets ! 0-1 et le Real va devoir sortir de la léthargie d’une soirée au port trop arrosée. Sur une main de Khedira à la limite de (dans) la surface, les Blancs sont même à deux doigts de la correctionnelle (22e).

Mais au Real, on peut vite hisser le drapeau à tête de mort afin de signaler qui on est, et cette tête qui effraie, c’est celle de Cristiano Crochet. A l’image des grands navigateurs portugais, il sait montrer à sa troupe le bon chemin et là, il choisit celui des filets sur un service sur corner de Kroos : 1-1 (25e).

Les bleus sont touchés à la tête et dans leur chair, et Choupo Moting n’y arrive plus avec sa jambe de bois. Il doit laisser sa place à la 29e.

Le Real n’est pas serein et son vaisseau tangue même un peu à tel point que Ronaldo est obligé de défendre et de tacler pour maintenir son équipe à flot. Il est partout, suppléé par son mousse préféré, le p’tit Benz. A la 35e, suite à un décalage de rêve de Kroos, Benz passe à Isco qui remise sur Cricri dont la frappe-centre écrasée ne trouve pas preneur, c’est un coup d’épée dans l’eau !

Sur une passe en retrait un peu molle de Varane, le chasseur Huntelaar n’est pas loin de couler la défense madrilène (38e). Dans la foulée, ce même Huntelaar touche cette fois le montant d’une volée imparable (39e). Le Real tente d’écoper le navire mais l’eau rentre de toute part. Le vaillant Huntelaar rôde encore pour cette fois-ci reprendre une balle relâchée et venir crucifier Casillas : touché, coulé (1-2). Il y a le feu, le Real armé jusqu’aux dents est quasiment inoffensif.

Avant de regagner le port pour la pause, le Real met la barre à bâbord pour Isco qui trouve Coentraõ, celui-ci centre haut et fort et…comme le dirait Cantona, quand Ronaldo s’élève au dessus des autres joueurs, dans la surface, c’est parce qu’il sait qu’un ballon va être envoyé (ou c’est à peu prêt ça). Cristiano Crochet saute donc plus haut que tout le monde et refait le coup du drapeau, boum, 2-2. Mi-temps.

Dès le début de la deuxième période, les hommes de la Ruhr passent à l’abordage. Arbeloa navigue sur une barque fendue en eaux troubles et ne rassure personne. Et quand ce n’est pas le Ballon d’Or qui pointe le nord, c’est Benz qui, en vieux flibustier de cette compétition, va faire chavirer tout un stade en scorant à la 53e, 3-2.

Schalke garde le couteau entre les dents et, à la 57e, Fuchs trouve Sané à tribord qui, à l’entrée de la surface, enroule une merveille de boulet de canon que Casillas ne peut que regarder toucher l’objectif, 3-3.

C’est un véritable raz de marée à Bernabeu et on se demande si la Maison Blanche résistera à cette tempête à trente minutes du terme. L’avantage du match aller est salvateur pour le moment mais rien n’est fait. Le match perd alors de sa fougue et la mer agitée se mue en mer d’huile. Le seul à faire des vagues reste Modric que l’on est heureux de revoir après plusieurs mois d’absence pour l’esthétisme de son jeu ainsi que l’élégance de ses passes !

Le Real pense se la couler douce mais à la 84e le fougueux Sané, auteur d’une très belle entrée, pique un ballon pour servir le vieux loup de mer Huntelaar lancé en pleine course. Le Hollandais se rappelle au bon souvenir du public local en réussissant une transversale rentrante qui relance les 6 dernières minutes de cette partie. C’est chaud, l’ambiance est digne de Gelsenkirchen. 4-3, Schalke n’est plus qu’à un but de réussir le pillage du siècle.

Dernière frayeur des mousaillons de la Casa Blanca, Huntelaar dans tous les bons coups remise de la tête pour Howedes qui allume Casillas qui propose enfin une parade importante (89e)…ouf ! La planche aux requins n’était pas loin !!!

Le coup de sifflet final est à peine audible tant la bronca du stade est énorme. Les socios n’étaient venus qu’au spectacle et ne perçoivent pas tous immédiatement l’importance de la qualification. C’est d’ailleurs la seule chose à retenir côté Real car ce soir, ça aurait vraiment pu finir en radeau de la méduse…

[twitter_follow username= »https://twitter.com/BadreCamara » count= »false » language= »fr »]

A propos de l'auteur

Supporter du PSG depuis tout petit, il est fan de Bergkamp, Henrik Larsson, Inzaghi, Zkatan, Van Nistelrooy, et de ce bon vieux Sammy Traoré. Il aime Paris, et joue toujours au ballon dans son club de toujours, dans le 9-4.

Vous aimerez aussi

Répondre