Les buteurs des championnats européens sur 2011-2012

Ce troisième article sera consacré à l’étude des deux meilleurs buteurs des grands championnats européens depuis le début de saison, Allemagne exclue. Le but étant de « mesurer » quantitativement l’efficacité des buteurs en étudiant l’éventuelle existence de grandes tendances entre les différents championnats. Si vous n’avez pas lu l’introduction aux mathématiques du football ni les articles 1 et 2 de la série, je vous invite à le faire en préliminaire, les notions qui y sont présentées pourront vous être plus qu’utiles !Voici le résultat de notre étude présenté comme d’habitude sous forme de graphique avec en ordonnées (l’axe vertical) le ratio buts par match des joueurs et en abscisses (axe horizontal) la volatilité des buteurs, qui mesure leur régularité par rapport à leur ratio moyen de buts par match.

Les grandes idées

Le premier constat à faire en regardant ce graphique est que les deux meilleurs buteurs des différents championnats sont situés l’un à côté de l’autre dans une zone que l’on appellera la Zone Caractéristique (ZC) d’un championnat. Ainsi, Messi et Ronaldo sont situés dans la ZC Liga en haut à droite, dans la lucarne pour les initiés, ce qui signifie qu’ils ont un ratio buts par match élevé et une forte volatilité. En clair, ils marquent beaucoup et de façon irrégulière, l’un allant généralement avec l’autre. Giroud et Gameiro apparaissent dans la ZC Ligue 1 située sans surprise en bas et au milieu, comme un bon vieux pénalty foireux à Fifa/PES. Ibrahimovic et Di Natale se situent en ZC Serie A à gauche et à mi-hauteur alors que Van Persie et Ba se trouvent entre la zone Ligue 1 et la zone Liga.

Cette proximité des deux meilleurs buteurs au sein de chaque ZC n’a rien d’un hasard, elle témoigne simplement des caractéristiques intrinsèques de chaque championnat et des buteurs y évoluant, les secondes étant dépendantes des premières. L’enseignement majeur qui ressort de ce graphique est qu’il semble bien exister des véritables tendances « naturelles » des grands championnats européens. A y regarder de plus près, on aurait presque pu prédire ces résultats.

Les tendances géographiques des buteurs et des championnats

En Angleterre, Van Persie et Ba, respectivement à 16 et 13 buts en Premier League apparaissent dans une ZC située entre la ZC Liga et la ZC Ligue 1, avec un ratio nombre de buts par match tout à fait comparable avec leurs homologues italiens. Niveau régularité, on repassera. La volatilité est en effet assez élevée pour les deux joueurs, Van Persie ayant scoré un triplé pour quatre doublés (11 buts sur les 16), et Ba ayant inscrit deux triplés et deux doublés (10 buts sur les 13).

En Italie, le championnat de la tactique et du catenaccio est beaucoup moins « freestyle » car plus homogène. Les buteurs y touchent peu de ballons mais sont toujours préparés à scorer au moment où il en arrivera un devant le but. Di Natale et Ibrahimovic, à égalité avec 12 buts, ne comptent aucun triplé à leur actif et seulement deux doublés chacun, affichant ainsi une régularité hors du commun avec les plus faibles niveaux de volatilité du groupe (de l’ordre de 7%), associés à des ratios buts / match de très bonne facture de 0,75 et 0,86.

En Espagne, le championnat aux deux extraterrestres qui comptabilisent à eux seuls 38 buts en Liga cette saison. Comme nous pouvons le constater sur le graphique, Messi et Ronaldo sont les joueurs les plus volatiles parmi les huit buteurs européens, mais ils sont également ceux qui marquent le plus (l’un allant généralement avec l’autre). Contrairement au championnat italien dans lequel les triplés sont plus rares, Ronaldo en a signé quatre avec un doublé. Messi a quant-à-lui inscrit trois triplés et deux doublés. Notons que CR7 a scoré sept penaltys contre un seul pour le lutin argentin, histoire de rééquilibrer la balance, n’en déplaise aux fans de CR7.

En France, et à force de la suivre tous les week-ends, on finit par connaître la Ligue 1. C’est chiant, les buteurs sont nuls et c’est donc logiquement qu’on retrouve Giroud (0,72) et Gameiro (0,47) dans les tréfonds du classement en termes de ratio buts par match (ils sont les deux points les plus bas du graphique). Pour compenser, et au vu de leur médiocrité, ils pourraient au moins nous faire l’honneur d’afficher la plus grande régularité, mais non ! Giroud et Gameiro affichent respectivement des volatilités de 10,8% et 8,1% contre des niveaux d’environ 6,8% à 7% pour leurs homologues italiens.

Les conclusions

L’Angleterre, avec son jeu ouvert, ses largesses défensives et ses gardiens pourris, permet aux buteurs d’atteindre un ratio assez élevé avec néanmoins une forte volatilité propre à tous les hauts ratios. Il est effectivement plus difficile d’être régulier en marquant beaucoup.

L’Italie, avec ses « renards des surfaces » nous offre plus de satisfactions: une faible volatilité, témoin d’une régularité des attaquants et d’une homogénéité du niveau des équipes, pour un nombre de buts qui n’a rien d’exceptionnel mais qui est supérieur à celui des buteurs de L1 et démontre que les attaquants font le boulot malgré un prétendu jeu « fermé à l’italienne ».

L’Espagne, c’est l’Angleterre sur laquelle on a greffé deux extraterrestres qui battent tous les records les uns après les autres et avec un niveau des équipes plus disparate. Deux équipes surdominent le championnat et le reste tente de se classer du mieux possible dans la Liga’ (lire Liga Prime), un championnat à 18 équipes. Les deux meilleurs buteurs appartenant comme par hasard aux deux clubs leaders, voilà qui suffit à nous offrir la volatilité la plus forte ainsi que les ratios buts par match les plus élevés des quatre championnats. Pour ne pas rentrer dans des termes trop techniques (la frontière efficiente pour ceux que ca intéresse), L’Espagne et l’Italie sont donc les championnats offrant les meilleurs couples ratio / volatilité.

La France possède un championnat assez monotone, relativement homogène en termes de niveau et très défensif dans lequel les vrais bons buteurs peinent à se distinguer. Giroud et Gameiro sont donc logiquement placés assez bas sur le graphique, leur ratio but/match étant plus faible que celui des buteurs des autres championnats.

Cet article vous a plu? N’hésitez pas à le partager via les boutons de partage Gmail, Facebook, Twitter ou autre en bas de cet article où à envoyer le lien à vos amis amoureux du ballon rond ! Les traditionnels commentaires sont évidemment les bienvenus !

A propos de l'auteur

Vous aimerez aussi

1 Commentaire

  1. ced

    Deux extraterrestre c'est peu dire, je trouve ue ça reflète bien l'hétérogénéité du championnat espagnol avec deux clubs qui font partie du top 5 (top 3 si affinités) européen.
    Cela dit pour les buteurs de L1 je serai moins catégorique.
    Pour moi ça montre plutôt que le championnat français est un peu plus homogène. En effet le top 3 de L1 fait pâle figure devant le top 2 espagnol , italien ou anglais. Mais concernant les autres éuipes étrangères, je pense que les OM,PSG,LOSC et OL n'ont rien leur envier. Pour résumer : cette saison la ligue 1 n'a pas de grosse pointure mais en moyenne j'estime qu'on n'est pas dégueulasses comparés aux autre championnats.
    Comme tu l'as dit en Angleterre les buteurs ont la chance de faire face à des gardiens du même, accabi qu'un Dutruel ou un Taffarel des mauvais jours, alors que le championnat français a été en début de saison pas mal axé sur la défense et possède de très bons gardiens : Lloris, Mandanda,Sirigu, Landreau version LOSC (pas version PSG on est d'accord!).
    Tout ça pour dire que pour moi Gameiro et Giroud (et Remy!!!) restent de très bons buteurs (certes pas du niveau de Messi ou CR7), ils n'ont juste pas la chance d'avoir des Xavi, Iniesta,Ozil et consorts pour leur octroyer des { caviar+blinis } à déguster et à mettre au fond des filets…

Répondre