Les grands buteurs sur la période 1996-2008

Nous avons vu disparaître au cours des dernières années une génération de buteurs hors norme. Nous avons, dans une volonté de leur rendre un dernier hommage, choisi de réaliser une analyse comparative de l’efficacité et de la régularité des plus grands serial-buteurs ayant accompagné la transition fin des années 90 au début des années 2000. L’échantillon choisi est à faire pleurer n’importe quel gardien: Ronaldo (R9), Inzaghi, Raul, Trézeguet et Van Nistelrooy. Ah oui, juste une chose avant de démarrer, si vous n’avez pas lu l’introduction aux mathématiques du football, allez y faire un tour.

Le graphique suivant combine deux informations: d’une part l’efficacité pure des buteurs, représentée en ordonnée (l’axe vertical pour les non-initiés) par le ratio moyen annuel du nombre de buts par matchs sur la période 1996-2008, et d’autre part la régularité de ce ratio, donc la constance des performances des buteurs, représentée en abscisse (l’axe horizontal) par la volatilité. On rappelle qu’une volatilité faible du ratio correspond à des faibles écarts des valeurs constatées annuellement par rapport a la moyenne de ces valeurs, et donc a une relative constance des performances du buteur sur la période.

Le « meilleur » buteur, ou le buteur idéal, serait donc placé le plus haut possible (meilleur ratio moyen annuel du nombre de buts par matchs) et le plus à gauche possible (la volatilité la plus faible donc la plus grande constance). Dans le graphique ci-dessous, vous trouverez entre parenthèses après le nom du buteur le nombre de matchs joués sur la période et le nombre total de buts marqués. Les calculs sont faits en incluant uniquement les matchs de championnat et de coupes européennes.

Van Nistelrooy au sommet

Van Nistelrooy domine les débats

On s’intéresse ici uniquement au ratio moyen annuel du nombre de buts par matchs, soit la « hauteur » du point représentant chaque buteur sur le graphique. Avec un ratio moyen annuel de 0,64 buts par match sur la période, Van Nistelrooy décroche la première place du palmarès en termes d’efficacité pure, suivi par Gronaldo (0,51) et Trézegol (0,50), Superpippo (0,48) et Raul (0,44). Les deux derniers cités passant même sous la barre du ratio d’un but tous les deux matchs. Ruud est donc le buteur le plus efficace sur ces douze saisons !

Raul, l’homme le plus régulier

On s’intéresse maintenant à la volatilité sur l’axe horizontal et on constate que les buteurs se placent dans l’ordre inverse par rapport au classement concernant leur efficacité. Le plus constant est Raul, le ratio du buteur madrilène ayant une volatilité de 0,14. Viennent ensuite Inzaghi (0,18) puis Trezeguet, Ronaldo et Van Nistelrooy (0,22) qui ont les ratios du nombre de buts par matchs les plus volatils sur la période. La performance de Van Nistelrooy est à souligner car l’ancien mancunien possède la même volatilité que Trézéguet et Ronaldo avec un ratio moyen de buts par match largement supérieur.

Les coupes d’Europe: Inzaghi, Van Nistelrooy et Raul au-dessus

Ces trois buteurs se sont imposés comme des références de leur époque lors des joutes européennes. Le renard Italien, qui d’après Sir Alex Ferguson était « né hors-jeu » a été le plus performant sur la période, avec 64 buts, devant Van Nistelrooy (60) et Raul (58). Soulignons toutefois que Pippo a disputé une année la Coupe des Vainqueurs de Coupe et une autre l’UEFA quand Van the Man et Raul n’ont disputé que de la Ligue des Champions.

Sacrifier de la performance pour la régularité

Ces différents constats nous amènent à dégager un tendance qui est que les buteurs les plus efficaces sont en général les moins réguliers dans la performance, ce qui peut sembler logique puisque la difficulté majeure de tout sport est de maintenir un niveau de performance très élevé sur le long terme. Van Nistelrooy possède un profil unique. Il est le seul des buteurs présents dans cette analyse à avoir réussi à dépasser le sacrosaint ratio d’un but par match sur une saison, en 1999-2000 avec le PSV et un ratio d’1,03 buts par matchs joués (23 matchs de championnat et 29 buts, 8 matchs de C1 et 3 buts). Une statistique admirable, contrastant grandement avec son ratio de 0,39 en 96-97 au FC Den Bosch, le club de ses débuts. Sans surprise, le second meilleur ratio annuel, de 0,90 buts par match, est encore à mettre à l’actif de Ruud époque PSV lors de la saison 98-99 (31 buts en 34 matchs de championnat et 6 buts en 7 matchs de C1, simplement hallucinant).

L’apparente suprématie de Van Nistelrooy ne doit pas pour autant éclipser la remarquable régularité de Raul qui, en plus d’avoir les ratios les plus stables autour de sa moyenne (certes moins élevés que ceux des autres buteurs) est celui des cinq joueurs qui a joué le plus sur ces douze saisons, avec pas moins de 569 matchs à son actif soit 143 de plus que le second, Ruud (encore lui). « Marquer des buts c’est bien, mais pouvoir jouer pour en marquer c’est encore mieux » pourrait être la devise de l’enfant du Real. A l’opposé, Gronaldo et ses tendons rotuliens en guimauve n’a joué « que » 324 matchs, soit 245 de moins que Raul. Il est alors plus facile de comprendre pourquoi le buteur espagnol ressort en dernière place en termes de ratio, car pour durer et continuer à marquer, il faut simplement pouvoir être en état de jouer et donc peut-être sacrifier un brin d’efficacité.

A propos de l'auteur

Supporter du PSG depuis tout petit, il est fan de Bergkamp, Henrik Larsson, Inzaghi, Zkatan, Van Nistelrooy, et de ce bon vieux Sammy Traoré. Il aime Paris, et joue toujours au ballon dans son club de toujours, dans le 9-4.

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