Mfulu (Reims) « A Vitry, je jouais pour le plaisir »

Omenuke Mfulu, 21 ans, est sous contrat avec le stade de Reims jusqu’en 2018. Le jeune milieu de terrain originaire de Vitry-sur-Seine est revenu pour les Esthètes du Foot sur son parcours qui l’a mené des terrains de banlieue parisienne en district avec l’ES Vitry jusqu’au Parc des Princes en Ligue 1.

Bonjour Omenuke, peux-tu nous rappeler ton parcours ?

Je suis originaire de Vitry sur Seine donc j’ai démarré dans le club du coin. J’ai commencé le football à l’âge de 6 ans à l’ES Vitry et j’y ai fait toutes mes classes jusqu’à 13 ans. Après ça je suis parti en 14 ans fédéraux à Ivry, la ville juste à côté. On avait d’ailleurs remporté le championnat. J’y suis resté deux saisons et en 2010 j’ai intégré le centre de formation de Strasbourg, j’avais 16 ans à l’époque.

Comment as-tu choisi Strasbourg ?

J’étais sollicité par le club depuis 6 mois, j’avais fait un essai concluant là-bas et on s’était tout de suite bien entendus avec le club niveau football et études. Niveau scolaire c’était clair, il y avait un lycée à proximité et le projet de ce côté là était aussi important que le projet sportif, ce qui avait rassuré mes parents. L’année où j’ai signé à Strasbourg, j’avais été sollicité deux fois par Sochaux pour faire des essais, mais pendant la période scolaire. Ca n’avait pas trop plu à mon père ! Strasbourg m’a convoqué pendant les vacances scolaires, ce qui a facilité mon essai. Rien qu’avec ça ils ont marqué des points, et tout s’est très bien déroulé. J’ai passé une superbe année là-bas, j’ai connu des vraies personnes avec qui j’ai encore des liens aujourd’hui. Malheureusement, le club a déposé le bilan en fin de saison.

Et ensuite ?

J’ai signé un contrat d’aspirant au LOSC pour la saison 2011-2012. C’était une année compliquée avec une blessure qui m’a perturbé mais le club m’a proposé de prolonger un an. A l’issue de ma deuxième saison j’avais l’opportunité de rester mais je n’ai pas senti une vraie possibilité de progression dans le projet que l’on m’a proposé. J’ai donc choisi de quitter le club, j’avais besoin de jouer et si je restais, je n’avais pas de garanties. Pendant mes années à Lille j’ai aussi connu les sélections jeunes de la RDC.

Comment s’est passée ta première sélection chez les Léopards ?

Elle s’est faite grâce à un collègue que j’avais à Strasbourg, Junior N’tima, qui a parlé de moi au sélectionneur. J’ai été suivi à Strasbourg et j’ai été convoqué la première fois quand j’étais à Lille. J’ai fait ma première en sélection lors d’un tournoi à Rezé (Nantes), et elle a été mémorable. Il y avait une grosse ambiance, ça chantait, ça dansait, on prenait énormément de plaisir à être et à jouer ensemble, et pourtant je ne connaissais que 2 ou 3 joueurs.

Mfulu (en haut à droite) avec les espoirs de RDC
Mfulu (à droite) avec les espoirs de RDC

Tu as aussi participé au tournoi de Toulon à la fin de ta 2è saison à Lille …

Oui, j’avais déjà noué des contacts avancés avec Reims pour la suite. Mais le club attendait de me voir jouer au tournoi de Toulon avant de se positionner définitivement. Niveau résultats on a terminé avec quatre défaites en quatre matchs mais toutes les rencontres étaient serrées. On a perdu d’un but à chaque fois, on a manqué de réussite. On manquait aussi d’expérience commune, c’était la première fois pour nous qu’on voyait certains joueurs, c’était une des premières fois qu’on jouait ensemble, qu’on voyait le nouveau coach Sébastien Minier, qui était l’adjoint de Claude Leroy, le coach de l’équipe A de la RDC à l’époque, qui était venu nous soutenir et  nous apporter son expérience. Au final on finit avec quatre défaites mais beaucoup d’espoir. On n’a pas eu à rougir de nos prestations.

Et après le tournoi de Toulon tu reçois une proposition de Reims ?

Reims me recontacte après ça et on établit un projet de convention avec l’objectif de signer pro. Je savais que si j’étais sérieux, que je bossais bien et que je montrais que je méritais ce contrat pro je finirai par l’obtenir. Et c’est ce qui s’est passé. J’ai fait six bons mois en CFA 2 avec la réserve, j’étais capitaine, et en janvier 2014, j’ai signé mon premier contrat pro avec Reims pour deux ans et demi.

Un grand moment ?

Pour tous ceux qui sont en centre de formation ou qui font du foot de haut niveau c’est l’accomplissement d’un long chemin et d’un long travail. J’étais super heureux, d’abord pour ceux qui étaient fiers de moi, mes parents, mes proches, mon frère, qui m’avait poussé à aller à Ivry quand j’étais à Vitry. En fait, à Vitry, je jouais en première division de district, mais le foot n’était pas ma priorité, je jouais pour le plaisir et rien de plus, je ne pensais pas à percer. Mon frère avait vu que j’avais des qualités pour aller plus haut et c’est lui qui m’a convaincu de changer de club et aller à Ivry. S’il n’avait pas été là pour me pousser je ne serai pas ici aujourd’hui. J’étais aussi content pour mes parents, je les ai quittés à 16 ans donc je n’ai pas fait ça pour rien. C’était une belle récompense pour tout le travail et le sérieux que j’ai mis depuis que j’ai quitté la maison. Après, c’était une étape très importante mais ça n’était qu’une première étape.

Comment ça se passe pour toi après la signature de ce contrat ?

Une fois que je l’ai signé, je suis resté dans le vestiaire de la réserve mais le coach des pros, qui était Hubert Fournier, me sollicitait souvent pour aller faire des entraînements avec le groupe pro. En gros je faisais le début de semaine avec les pro et le reste avec la réserve. Les 2 ou 3 dernières semaines de la saison, il y avait quelques blessés donc je suis définitivement monté avec l’équipe première. Après, quand tu es jeune pro tu fais toujours cette navette entre l’entraînement chez les pro et les matchs avec la réserve. A la reprise on a changé de coach puisque Jean-Luc Vasseur est arrivé, et j’ai fait ma première saison complète avec le groupe professionnel.

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Quel bilan tires-tu de cette première saison avec la descente évitée de justesse ?

Je dirais qu’elle a été mitigée. Personnellement, je travaillais bien, j’étais sérieux aux entraînements, mais quand tu es jeune pro et qu’il y a d’autres joueurs d’expérience et des joueurs plus âgés en place c’est parfois compliqué d’avoir du temps de jeu. La navette dont je parlais, je la faisais souvent, je m’entraînais avec les pro et le weekend j’allais jouer avec la réserve. J’ai été quelques fois dans le groupe quand même mais je ne suis pas trop entré en jeu.

Qu’as-tu ressenti quand on t’a appelé pour entrer en jeu la première fois ?

Ça s’est fait en novembre à Nice, j’avais joué une dizaine de minutes. Sur le moment, tu te dis « enfin ». Avant cette entrée j’avais dû faire 5 ou 6 bancs en pro, donc j’était super content et super excité de rentrer. On avait fait un bon 0-0 là-bas. Bon, après j’ai mis du temps à rejouer puisque mon second match c’était à Rennes en coupe de France début janvier 2015, j’étais rentré à l’heure de jeu et on s’était malheureusement inclinés aux tirs aux buts. C’était mon premier vrai match avec du temps de jeu. Ensuite en avril, le coach Vasseur a été licencié après le match de Lille, et on est passés avec le coach actuel, Olivier Guégan, qui était l’adjoint de Vasseur.

Ça a changé beaucoup de choses ?

Oui ça a changé beaucoup de choses dans la façon de travailler, c’est vraiment différent. D’un point de vue plus personnel, quand le coach Guégan a pris les rênes du groupe à 7 journées de la fin, j’ai commencé à plus jouer. J’ai participé à 5 ou 6 matchs dont celui contre Evian. On jouait le maintien avec eux et quelques autres équipes et c’était un peu comme une finale, celui qui perdait finissait quasiment en Ligue 2. Je suis rentré à la 20è minute suite à la blessure d’Antoine Devaux. On fait un super match, on ouvre le score, on se fait égaliser, on est menés 2-1 et on s’impose au final 3-2. Dans la foulée le match d’après je suis titulaire pour la première fois contre Rennes, j’ai joué une heure, on gagne 1-0 et on se maintient. Toute l’année a été dure mais elle s’est bien terminée, avec le maintien et du temps de jeu !

Retrouvez la seconde partie de l’entretien d’Omenuke Mfulu ! Le milieu de terrain revient sur le gros début de saison des Rouge et Blanc et répond au traditionnel questionnaire des Esthètes du Foot.

Propos recueillis le 29 septembre 2015

Crédits photos: Facebook Stade de Reims – Leopardsfoot.com

A propos de l'auteur

Supporter du PSG depuis tout petit, il est fan de Bergkamp, Henrik Larsson, Inzaghi, Zkatan, Van Nistelrooy, et de ce bon vieux Sammy Traoré. Il aime Paris, et joue toujours au ballon dans son club de toujours, dans le 9-4.

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