Mfulu (Reims): « Ce sera à moi de saisir ma chance »

Après nous avoir fait découvrir son parcours en première partie d’entretien, Omenuke Mfulu, le milieu de terrain du stade de Reims, revient sur le gros début de saison des Rouge et Blanc et répond au traditionnel questionnaire des Esthètes du Foot.

Dans quel état d’esprit as-tu démarré la saison actuelle ?

Pendant la trêve j’ai prolongé mon contrat de 2 ans jusqu’en 2018. Le club m’a fait confiance donc à moi de toujours rendre cette confiance qu’on me donne. J’ai fait une bonne préparation cet été et j’ai participé à ce début de saison avec 4 matchs sur les 8 premières journées. On travaille bien avec le nouveau coach, tout le monde est concerné et parle projet collectif avant tout.

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Comment vis-tu cette attente liée à la concurrence de joueurs plus expérimentés ?

Je ne me pose plus cette question. Si tu te la poses trop ce n’est pas bon, tu vas devenir fou. Je fais mon travail, je bosse aux entraînements comme j’ai l’habitude de le faire et je me dis toujours que quand mon heure arrivera ce sera à moi de saisir ma chance. J’attends ce moment mais je ne me mets pas de pression particulière à me dire « je dois jouer », « je ne dois pas jouer ». Le coach fait ses choix et j’attends d’être dans ses choix pour montrer ce que je sais faire.

Votre gros début de saison te surprend ?

Oui c’est sûr que c’est un peu une surprise de nous voir à cette position là étant donné qu’on jouait le maintien la saison dernière. Après, on a fait une bonne préparation, on est sereins, on sait qu’on a de la qualité, et on arrive à transposer en match ce qu’on réalise à l’entraînement. Pour le moment ça paye et j’espère que ça va continuer comme ça le plus longtemps possible. On est allés chercher trois points contre Marseille, Lille, Bordeaux, Lorient, et on a tenu en échec le PSG. On enchaîne les matchs référence et c’est tant mieux pour nous.

Comment est l’ambiance dans le vestiaire ?

L’ambiance est super bonne, on s’entend tous très bien, on rigole tous ensemble et ça se ressent sur le terrain.

Qui est le joueur le plus marrant ?

Il y en a beaucoup (rires)…. il y a Hamari Traoré qui est très marrant, Hassane Kamara est très marrant, franchement il y en a beaucoup qui me font énormément rire dans cette équipe.

Quels sont vos objectifs cette saison ?

Honnêtement pour le moment on ne fait pas de calculs, on joue les matchs les uns après les autres. On fera peut-être des calculs quand on sera plus avancés dans la saison, mais là on ne va pas s’enflammer. Quand on démarre la saison on se dit qu’on veut rester en Ligue 1 donc on joue le maintien, mais avec l’équipe et le collectif qu’on a on se dit forcément qu’on peut peut-être viser un peu plus haut.

Les rémois après leur victoire face au LOSC
Les rémois après leur victoire face au LOSC

D’un point de vue plus personnel, comment définirais-tu ton style de jeu ?

Je suis milieu de terrain relayeur, mais j’ai cette faculté de pouvoir jouer un peu partout. J’ai déjà joué défenseur dans l’axe,  latéral, six devant la défense, milieu sur les côtés et je ne te parle que de la saison dernière (rires) ! Mon réel poste c’est milieu relayeur. Je suis un joueur qui aime bien aller de l’avant, qui aime percuter, et qui court beaucoup. Certains me disent que j’ai un profil un peu à la Matuidi.

Un beau compliment !

C’est vrai, vu ce qu’il fait en ce moment. On essaie de s’en rapprocher. J’aime bien percuter et aller de l’avant. Mes qualités c’est que je suis généreux quand je joue.

Généreux dans l’effort ou dans l’offrande ?

Dans l’effort ! Après pour l’offrande, si je peux marquer je marque (rires) ! Mais si je peux faire marquer…d’ailleurs l’année dernière j’ai fait marquer Grejohn Kyei, un joueur avec qui on a signé notre contrat pro la même année, c’était contre le PSG. C’est bien aussi de faire des passes décisives mais j’attends toujours mon premier but en Ligue 1 ! J’espère que ça viendra cette saison et que d’autres vont arriver ! Ça devrait venir avec le temps !

Tu signes pour un but de raccro ?

Honnêtement, aucune idée (rires) ! Je peux te mettre un but de fou comme je peux te mettre un but le plus chanceux du monde ! Je suis capable de tout, mais j’espère quand même qu’il sera beau.

Quels sont les points sur lesquels tu peux t’améliorer ?

Je pense que les défauts c’est un tout. Tu as toujours des lacunes un peu partout. Il faut que je progresse sur mes frappes de balle ça c’est vrai. Quand j’étais plus jeune, je frappais beaucoup plus au but mais j’ai un peu perdu ça donc il faut que je le retrouve. Après comme je disais c’est un tout, tu ne finis jamais de progresser.

Qui sont les coachs qui t’ont le plus marqué ?

J’ai mes coachs de jeune qui m’ont beaucoup marqué, que je vois toujours à l’heure actuelle quand je rentre à Vitry. Il y a Farid Bensikhaled, Serge Vaast, Mehdi Bezahaf, Allel Miri, ce sont eux qui m’ont fait quand j’étais plus jeune à l’ES Vitry. Celui qui m’a le plus marqué au niveau de ses qualités humaines c’est Jean-Marc Kuentz, qui était également directeur du centre de formation à Strasbourg. J’ai toujours de ses nouvelles aujourd’hui et c’est quelqu’un d’important dans ma carrière. Aujourd’hui avec le coach Guégan ça se passe super bien. C’est le premier coach en pro à m’avoir vraiment prouvé sa confiance, notamment sur le match contre Evian. C’était une belle preuve de confiance.

Olivier Guégan au micro d'Anne-Laure Bonnet
Olivier Guégan au micro d’Anne-Laure Bonnet

Ça te plaît la vie à Reims ?

Oui, je trouve que c’est une bonne petite ville. C’est pas super grand mais il y a quasiment tout à proximité. Paris est à 45 minutes de TGV, à 1h20 de voiture. De toute façon à part le foot je ne sors pas énormément, je regarde les matchs de foot, quelques séries, et je me repose. En même temps, il n’y a pas grand chose à faire non plus !

Après, ça bouge quand même un peu, il y a pas mal d’étudiants, le tram…c’est plus dynamique que d’autres villes de France. J’ai connu des joueurs de Lorient ou Guingamp qui me disaient que là-bas, il n’y avait vraiment rien à faire !

Qui sont, pour toi, les trois plus grands Esthètes du Foot ?

Zidane bien évidemment, il m’a fait rêver en 2006. J’ai suivi un peu 2002 mais j’avais 8 ans, j’étais trop petit pour m’en souvenir. Mais en 2006, c’était quelque chose. Après il y a Ronaldinho, qui m’a fait rêver aussi, mais plus dans le dribble, dans le génie. Enfin, je dirais Verratti, aujourd’hui, je le trouve au-dessus sur tous les plans, technique, prise de risques, dribble, qualité de passes, il est vraiment énorme, c’est beau à voir jouer.

Quel est ton joueur préféré ?

Un de mes joueurs favoris c’est Eden Hazard. Quand je suis arrivé à Lille c’était sa dernière année au LOSC, j’étais fan de lui. Mais mon joueur favori, c’est Abou Diaby. Après, Esthète, je ne sais pas si ça l’est pour tout le monde mais pour moi c’est beau à voir jouer. C’est ma référence. Franchement, il sait tout faire, pour sa taille il est super souple, super technique, il récupère énormément de ballons, il va vers l’avant, il a aussi marqué pas mal de buts, il est facile. On imagine tous la carrière qu’il aurait eue s’il avait été au top physiquement. Et puis, il joue à mon poste, quand j’étais petit je regardais ce qu’il faisait. On a déjà joué Marseille et il n’était pas là, mais j’espère qu’au match retour il sera sur la pelouse !

Quel est le geste que tu aimes réaliser ?

Le passement de jambes. Je le fais souvent celui-là, le passement pied droit avec sortie pied gauche, c’est un de mes gestes favoris depuis que je suis jeune. Il vient instinctivement mais il faut l’entretenir. Si je ne le fais plus je risque de le perdre !

Quel est le geste que tu aimerais réaliser ?

Franchement, il y en a beaucoup. Quand tu regardes les vidéos de freestyle sur internet ou les zappings de gestes techniques…bon, la virgule fait rêver quand même, celles de Ronaldinho, elles étaient vraiment magiques !

Quel est le match qui t’a le plus marqué récemment ?

Allemagne-Brésil, le 7-1. C’est du jamais vu en coupe du monde, les buts qui défilent comme ça un par un, tu n’y crois pas, tu te dis qu’ils vont en mettre 10.

Quel est le joueur qui t’a posé le plus de difficultés ?

Verratti, enfin je vais dire le trio de milieux du PSG quand je les ai joués en fin de saison dernière (ndlr: victoire 3-2 du PSG au Parc). ils ont une sacrée maîtrise technique, ils sont toujours en mouvement à faire des passes qui tuent. Celui qui ressort le plus c’est Verratti,  l’année dernière au match retour il jouait à côté de Motta et Pastore. Il trouve toujours la solution, et même quand tu as l’impression qu’il est en difficulté il s’en sort donc c’est compliqué. Après, j’avais quand même bien tenu, et sur notre second but je lui mets un joli coup d’épaule ! Je ne pense pas qu’il s’attendait à ça vu que j’étais derrière lui sur l’action, je l’ai rattrapé sur la vitesse.

Quel est ton meilleur souvenir sur le terrain ?

C’est à Evian en fin de saison dernière quand on a entendu les trois coups de sifflet et qu’on s’est rendus compte de la prestation qu’on venait de faire. C’était un grand pas vers le maintien et je suis heureux d’y avoir participé.

Tu aurais fait quoi si tu n’avais pas été footballeur ?

Franchement je n’en ai aucune idée.

Pour finir tu as un conseil à donner aux jeunes qui visent le haut niveau ?

Le seul conseil il n’est même pas dans les pieds, il est dans la tête. Le plus important pour aller au plus haut niveau c’est dans la tête, c’est l’état d’esprit, le mental, c’est les moyens que tu te donnes pour arriver à tes objectifs. Après, les pieds ça suivra !

Propos recueillis le 29 septembre 2015

Crédits photos: Facebook Stade de Reims

A propos de l'auteur

Supporter du PSG depuis tout petit, il est fan de Bergkamp, Henrik Larsson, Inzaghi, Zkatan, Van Nistelrooy, et de ce bon vieux Sammy Traoré. Il aime Paris, et joue toujours au ballon dans son club de toujours, dans le 9-4.

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