Mory Koné (ESTAC): « Le plus dur est passé »

Après une grave blessure au genou contre l’OM lors de la déroute troyenne fin août, Mory Koné est actuellement en pleine rééducation à Paris. Le jeune défenseur central de l’ESTAC revient pour les Esthètes du Foot sur son parcours et sur son état de forme actuel, six semaines après sa blessure.

Bonjour Mory, peux-tu rapidement nous rappeler ton parcours ?

Bonjour à vous, je m’appelle Mory Koné, j’ai 21 ans, je suis défenseur central à Troyes. J’ai commencé le foot à l’âge de 7 ans. J’ai démarré à l’Olympique Montigny, le club de ma ville dans le val d’Oise. A l’âge de 10 ans j’ai été repéré par Paris, donc de 10 à 13 ans j’ai été dans les équipes de jeunes du PSG. A 13 ans je suis parti  à Sannois St Gratien, j’ai fait 2 ans là-bas et j’ai ensuite intégré le centre de formation du Mans. J’y ai fait toute ma formation, toutes les catégories jusqu’à la Ligue 2, avec les pros en 2012-2013.

Suite aux problèmes que le club a rencontrés j’ai dû partir. C’était mon club formateur, savoir qu’il allait repartir au niveau amateur n’était pas facile. Mais j’ai continué mon chemin, et je suis parti en Italie pour la saison 2013-2014, j’ai signé à Parme, où j’ai fait 6 mois, puis j’ai été prêté à Crotone en Serie B.

Tu as pu avoir du temps de jeu là-bas ?

Pendant le prêt ça a été compliqué, je n’ai pas eu beaucoup de temps de jeu, on ne m’a pas vraiment fait confiance. C’était un peu bizarre, je ne comprenais pas trop, je ne savais pas trop ce que je faisais là. On aurait dit qu’on ne voulait pas de moi, donc je n’ai pas été mis dans les bonnes conditions. Suite à cette expérience, j’ai voulu rentrer en France, et j’ai eu cette opportunité de signer à Troyes.

Tu étais déjà suivi ?

Avant de partir à Parme j’étais déjà en contact avec eux, et ça ne s’était pas fait. Cette fois-ci a été la bonne. Je sentais que le club croyait en moi et me faisait confiance donc j’étais en meilleures conditions pour pouvoir m’exprimer.

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Comment s’est passée la saison dernière en Ligue 2 avec la montée et le titre de champions ?

Ça a été un peu difficile au début puisque j’ai eu une blessure musculaire en pleine préparation et je l’ai un peu traînée. Du coup j’ai dû refaire une préparation, et entre temps il y a une équipe qui s’est mise en place. L’équipe était solide, ça ne prenait pas beaucoup de buts, et on était en haut du classement. Donc j’ai bossé, j’ai continué à travailler et j’ai été patient. A chaque fois que le coach faisait appel à moi je répondais présent. J’ai montré que j’étais prêt et qu’il pouvait compter sur moi s’il en avait besoin. C’était une saison très positive puisqu’on a été champions et que j’ai quand même participé à une dizaine de matchs. Surtout après ma saison passée, c’était bien de rebondir comme ça, d’arriver dans un bon groupe, une belle équipe, avec la montée au bout.

Il y avait une grosse ambiance au sein du groupe ?

On avait franchement un bon groupe, ça vivait bien ensemble et c’est ce qui faisait notre force. On a fait une saison exceptionnelle, on a pratiquement toujours été premiers.

Quelle était la force de l’équipe ?

La solidarité qu’il y avait dans l’équipe. On avait un groupe vraiment soudé qui faisait les efforts ensemble donc ça se ressentait toujours sur le terrain. Je faisais partie des plus jeunes, j’avais 20 ans, mais ça prenait bien entre les plus anciens et les plus jeunes, ils nous accompagnaient bien, ils nous donnaient des conseils. Le groupe était sain.

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Le titre, ça a été une surprise pour toi ?

Pas vraiment parce que le club avait l’objectif de monter. Après on ne s’attendait peut-être pas à faire un championnat aussi fort. On a quasiment effectué un record de points donc on était très satisfaits de la saison. Au vu de la qualité du groupe, c’était plus un objectif qu’une surprise. En fait on a atteint notre objectif.

Comment avez-vous démarré la saison actuelle ?

Le groupe n’a pas énormément changé, on est repartis avec pratiquement les mêmes, quelques ajustements, mais le groupe est resté essentiellement le même. Le coach voulait se baser sur la continuité. Personnellement, le coach m’avait déjà parlé en fin de saison dernière pour me dire qu’il était très satisfait de moi et de l’investissement que je mettais au quotidien, que je n’avais pas eu énormément de temps de jeu mais qu’à la nouvelle saison les cartes seraient redistribuées et que le meilleur jouerait.

Ça a dû te booster un peu ?

Oui c’est sûr que ça m’a motivé, je savais que j’avais une carte à jouer donc ça m’a donné envie d’en faire plus. J’ai fait une bonne préparation, je n’ai pas eu de pépin, j’ai fait toute la préparation et tous les matchs amicaux titulaire. Tout se passait bien, j’ai démarré titulaire au début de championnat, on fait un match nul 0-0 contre le Gazélec, j’ai ensuite enchaîné un deuxième match titulaire contre Nice où on a fait 3-3 dans un match un peu fou où on revient à la fin, et j’enchaîne encore contre Marseille pour la 3è journée. C’est là où je me blesse.

Comment ça s’est passé ?

Je me suis fait ça tout seul, je pose mon appui, je veux repartir de l’autre côté et le genou a cédé. J’ai directement appelé les soigneurs vu que j’ai tout de suite su que c’était grave. Ça a été un coup d’arrêt brutal parce que je me sentais vraiment bien, j’étais en forme, je commençais à faire ma place dans l’équipe. Sur le coup c’est difficile à encaisser, mais maintenant le plus dur est passé, je regarde vers l’avant et je vais bien revenir pour pouvoir recommencer là où je me suis arrêté.

Six semaines après la blessure et l’opération, tu en es où ?

Le club m’a demandé si je souhaitais retourner près de la famille vu la durée de mon indisponibilité, j’ai donc rejoint mes proches sur Paris ce qui m’a beaucoup aidé. Mentalement, je suis bien donc il n’y a pas de soucis. Concrètement, il faut se reposer un maximum et éviter de trop solliciter le genou. C’est beaucoup de soins, de la glace, il faut mettre la jambe en l’air, mais tu ne peux pas faire grand chose. J’ai fait des séances de kiné qui se sont très bien passées, le genou réagit bien, il a bien dégonflé et il retrouve une forme normale donc c’est parfait. Par contre j’ai une belle petite cicatrice !

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Là je vais aller à Clairefontaine pendant 6 semaines, et toute la journée je vais faire mes soins là-bas. Pendant cette période je vais lâcher les béquilles et je pourrai ensuite bien retravailler musculairement. Après Clairefontaine je retournerai à Troyes.

Tu es repassé au club depuis ta blessure ? Que penses-tu des résultats actuels ?

Pour l’instant je ne suis pas retourné au club mais je vais essayer d’y aller pour le match contre Lyon. Je pense que mentalement on a pris un petit coup après le match de Marseille. Suite à cette lourde défaite ça a été compliqué, on a enchaîné des mauvais résultats. Après, j’ai trouvé que dans la défaite contre Saint-Etienne on avait vu des signes encourageants en seconde période. Ça s’est confirmé contre Rennes où l’équipe a réalisé une prestation solide. Il faut qu’on décroche enfin cette première victoire qui va nous faire du bien.

Peux-tu nous parler du coach Jean-Marc Furlan ?

Le coach aime beaucoup que son équipe joue bien au ballon. Il aime bien jouer offensif, construire les actions, repartir de derrière, le jeu propre, le beau football. Après ça n’est pas facile, il faut vraiment être très forts pour balader les équipes en Ligue 1. Il y en a beaucoup qui attendent derrière pour essayer de placer un contre pour gagner 1-0.

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Quel est le coach qui t’a le plus marqué dans ta carrière ?

Le coach que j’avais eu au PSG et que j’ai eu aussi à Sannois, il s’appelle Jérôme Klein. Il a toujours cru en moi, depuis le début il m’a toujours dit que j’y arriverai. C’était vraiment un bon coach, il était très proche de nous, il m’a appris beaucoup de choses et a été très important pour moi.

Tu as des affinités particulières dans le vestiaire ?

Déjà je me marre bien avec tout le monde, on s’entend tous bien, après j’ai des affinités particulières avec Jessy Pi, on rigole 24 heures sur 24. Je me sens vraiment bien dans ce groupe, il y a un bon équilibre.

Qui sont pour toi les trois plus grands Esthètes du Foot ?

Je te mets Zidane, parce que c’était l’élégance, la grande classe. C’était le meilleur. Après je vais ajouter Ronaldinho pour le jeu, le style, il sortait des dribbles incroyables, tu prenais plaisir à le voir jouer. Pour le dernier je vais choisir Messi pour tout ce qu’il donne au football. Aujourd’hui il fait partie des légendes, des plus grands joueurs de tous les temps, il est unique.

Quel est le geste que tu aimes réaliser ?

Le petit pont, je suis défenseur mais j’aime bien dribbler à l’entraînement !

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Quel est le geste que tu aimerais réaliser ?

Le retourné acrobatique. J’en tente rarement, quasiment jamais même. Mais je pense que je n’ai pas les capacités pour le réussir, ce n’est pas un geste pour les grands !

Quel est le match qui t’a le plus marqué récemment ?

Le 3-3 qu’on a fait contre Nice, on est menés 3-1 à la mi-temps à 10 contre 11 et on revient au bout du temps additionnel à 3-3.

Quel est le joueur que tu as eu le plus de mal à contrer sur un terrain ?

Je dirais Ben Arfa. C’est dur de lui arracher le ballon. Quand il est en forme c’est compliqué, il est assez imprévisible et ça n’est vraiment pas facile.

Qu’est-ce qui fait un bon défenseur central ?

Un bon central c’est un joueur qui gagne ses duels, qui rassure sa défense et qui la dirige bien.

Pour finir tu as un conseil à donner aux jeunes footballeurs ?

Il faut toujours travailler parce que seul le travail paye !

Propos recueillis le 8 octobre 2015

Crédits photos: Facebook ESTAC

A propos de l'auteur

Supporter du PSG depuis tout petit, il est fan de Bergkamp, Henrik Larsson, Inzaghi, Zkatan, Van Nistelrooy, et de ce bon vieux Sammy Traoré. Il aime Paris, et joue toujours au ballon dans son club de toujours, dans le 9-4.

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