OL: le prix d’une politique discount

L’OL n’est plus une grande équipe. C’est un constat amer pour le foot français mais une évidence qui découle de la politique discount lancée dans le but de passer la période de transition dans l’attente de l’accomplissement du projet OL Land et de la construction du grand stade de Decines. Un mal pour un (futur) bien?

Serrage de ceinture sur le Rhône

L’OL version 2013-2014 fait flipper. Depuis un moment maintenant, les lyonnais la jouent à l’économie avec un recrutement discount et une cure d’amaigrissement drastique. La mode lyonnaise est au « pas cher » et au raclage de fonds de tiroirs à la Romeyer et ses économies d’électricité au centre d’entraînement des rivaux stéphanois. Après avoir largement dégraissé un effectif jadis pléthorique, Aulas a installé un Rémi Garde peu glamour (mais efficace) sur le banc et a lancé une politique de recrutement de moyens/bons joueurs de L1 ou L2 avec un salaire abordable et si possible gratuits (Koné, Bisevac, Bedimo, Danic) combinée à une intégration massive de jeunes issus du centre de formation. Avec ce triple effet « Kiss Pas Cool », l’OL a perdu ses joueurs d’expérience et n’a aujourd’hui plus l’effectif sur toutes les lignes pour rivaliser avec les grands d’Europe.

Un effectif de bon club de L1 mais difficilement compatible avec le haut niveau européen

La défense de l’OL est son tendon d’Achille. Depuis plusieurs saisons maintenant, et depuis la fin de l’apogée du policier Cris, les charnières se sont multipliées et ont relativement toutes déçu. Cette année, après avoir (bien) vendu Lovren, laissé filer Réveillère, tenté de recentrer Umtiti, essayé de mettre Bisevac dans la peau d’un titulaire indiscutable et maintenant redescendu Fofana à ses côtés, il est clair que la bonne formule reste toujours à trouver. L’OL manque cruellement d’un tôlier défensif et d’un gardien rassurant pour pouvoir prétendre à rivaliser avec l’élite européenne, car ailleurs sur le terrain, l’équipe est plutôt bien armée.

La composition lyonnaise mercredi dernier en barrage aller de LDC contre la Real Sociedad est symptomatique de ce phénomène d’appauvrissement en termes de niveau et d’expérience. Lopes dans les bois et Lopes à droite, histoire de tous nous rappeler que le seul Lopez valable (Lisandro) s’écrivait bien avec un Z, Bisevac-Fofana au centre, un sommet dans la sérénité, et Bedimo à gauche. Au milieu, Gonalons, Grenier et Malbranque tiennent la baraque et devraient largement suffire à dominer bon nombre de milieux de L1. Devant, Garde avait opté pour un trident pétri de talent mais encore trop tendre au niveau LDC Gourcuff, Lacazette et Benzia.

Sur le papier, le 11 lyonnais est, excepté sa défense, capable de tirer son épingle du jeu en championnat. Mais trop rares sont les joueurs à posséder le talent et l’expérience nécessaires à l’OL pour conserver une crédibilité européenne durement acquise au cours des campagnes de Champion’s des dernières années. L’inquiétude grandit à la vue des réserves de joueurs présents sur le banc de touche.

Pas de solution sur la touche

En attendant le règlement des cas Gomis et Briand, indésirables car trop grassement payés, l’OL s’est pointé à domicile avec un banc d’une qualité anormalement pauvre pour de la LDC. Gorgelin, Bahlouli, Umtiti, Mvuemba, Danic, et Ferri, un peu comme si l’OM faisait s’asseoir sur le banc un combo mortel Abdallah, Abergel, Abdullah, Kadir, N’Doumbou et Samba. Sympa mais pas forcément crédible par rapport aux titulaires en poste. Si le recrutement en reste là côté lyonnais il sera difficile de gérer une blessure/suspension longue d’un des cadres de l’équipe, on peut penser à Gonalons ou Grenier. Les Gones peuvent encore rêver à une improbable qualif pour la phase de poules de la LDC mais il faudra pour cela compter sur un réalisme offensif retrouvé et une sérénité défensive d’un soir. L’OL irait alors chercher cette vingtaine de millions d’euros qui permettraient au père Aulas d’ouvrir un peu les vannes pour renforcer son groupe et tenter de conserver s’il en est encore temps sa dignité sur la scène européenne.

A propos de l'auteur

Supporter du PSG depuis tout petit, il est fan de Bergkamp, Henrik Larsson, Inzaghi, Zkatan, Van Nistelrooy, et de ce bon vieux Sammy Traoré. Il aime Paris, et joue toujours au ballon dans son club de toujours, dans le 9-4.

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