OM 0-0 OL: le grand format

5-5 en 2009-2010, 3-2 en 2010-2011, 4-1 il y a deux ans, 4-2 l’année dernière… Les confrontations entre l’OM et l’OL sont généralement riches en buts et en spectacle. Ce soir, nous avons eu droit à un 0-0. Prêts à entendre Ménes ou Dugarry geindre tout ce qu’ils peuvent et vomir allégrément sur la Ligue 1 ? Pas cette semaine, pas ce soir. Ce match a été un régal : grosse intensité, stade plein, et des occasions à ne plus savoir qu’en faire.

L’OL se présente au stade Vélodrome dans son 4-4-2 en losange habituel. Gourcuff, qui avait fait un excellent match à Montpellier, s’est logiquement blessé par la suite. Il cède sa place au petit Rachid, comme l’appelle @JM_Aulas. Le reste de l’équipe est classique ; avec la présence de Rose avec Umtiti dans l’axe, et les deux relayeurs Ferri et Tolisso autour de Gonalons.

Bielsa, fidèle à ses principes – la supériorité numérique défensive constante – choisit d’organiser son OM en 3-3-3-1. Romao, Fanni et Morel derrière, avec Mendy, Imbula et Dja Djedje devant eux. Thauvin fait son retour pour animer le couloir droit.

L’OM cherche le KO

Le début de match est exclusivement marseillais. Le marquage individuel en phase défensive de Bielsa marche à merveille. Morel et Romao gagnent autant de duels en 15 minutes qu’en 2 saisons avec Baup. Leur pressing tout-terrain (PTT) étouffe les Lyonnais, agressés avant même d’avoir envisagé l’éventualité d’un contact avec le ballon.  C’est dire ! Pour preuve, Dja Djedje ne quitte plus Tolisso, du tout, même en phase offensive. Il peine à comprendre qu’il lui faut alors prendre son couloir et de fait, lâcher le Gone, qu’il semble aimer d’amour.

Les marseillais privent les lyonnais de ballon et se créent très vite une occasion par Gignac, qui crochète Umtiti et déclenche une frappe puissante que détourne Lopes.

En apnée, les Lyonnais parviennent toutefois à se créer une situation nette. Obnubilés par l’idée de passer devant leur adversaire direct, les défenseurs de l’OM se font prendre dans le dos, et Lacazette peut venir défier Mandanda.  Mais pas de rififi chez les Mandanda, juste du Riffi. Le gardien de l’EDF se couche bien et remporte son duel.

Après 20 minutes, et quelques autres sueurs froides pour les Gones, ces derniers comprennent qu’il faut réagir. Ils font monter le bloc équipe d’un cran pour gêner plus efficacement la relance marseillaise et surtout pour être plus suivis en phase offensive. Résultat, des corners et des coup-francs gagnés, toutefois sans grand danger.

Au moment où les débats semblent s’équilibrer, les marseillais repartent droit au but. Qu’ils ne trouvent pas, malgré leurs tentatives répétées. En revanche, on trouve Mendy dans toutes les zones du terrain. A l’instar d’Imbula, le latéral marseillais est hyperactif. Il multiplie les montées, les centres, en plus de gagner de nombreux duels en phase défensive. A la demi-heure, il délivre un centre parfait pour Gignac qui claque sa tête. Une tête un peu claquée apparemment, Lopes la détournant fermement en corner.

Les marseillais profitent du placement plus haut des lyonnais et se montrent dangereux en contre. Sur l’un deux, Payet sert Thauvin qui s’infiltre dans la surface accompagné par deux lyonnais. Ces derniers appliquent la technique bien-connue dite du sandwich, qui fonctionne à merveille. Thauvin et ses compères ont beau protester, rien n’y fait.

5 minutes avant la pause, Fournier réagit. Il remplace Ghezzal par Njié, pour mieux exploiter les Grandes Steppes laissés dans son dos par la défense de l’OM. Fékir vient se positionner en meneur de jeu pour tenter de faire mieux que Ghezzal, et ses 8 ballons perdus… pour 12 touchés.

Les deux équipes forcent la différence

A la mi-temps, le score est toujours nul et vierge, et seuls les plus fous osent encore miser leur argent sur un match sans but au coup de sifflet final.

Au retour des vestiaires, l’OM continue à imposer son jeu et à malmener Lyon. Après Imbula sur Fékir en première période, Payet nous gratifie d’un autre by-pass de grande classe. Soucieux de démontrer à tous l’utilité du contrôle orienté, le Réunionnais laisse Gonalons sur place, puis prend Tolisso de vitesse. Mais sa passe vers Gignac est contrée, et Anthony Lopes surgit. Trois minutes plus tard, plus personne n’ose attaquer Payet. Il déclenche une violente frappe des 25 mètres, encore une fois détournée par Lopes.

Cette humiliation sur Gonalons a toutefois un mérite : celui de réveiller les Lyonnais. Enfin tout est relatif. Ceux-ci ressortent mieux le ballon, en étant plus sûrs techniquement et plus rapides dans leurs prises de décision, éléments indispensables lorsqu’il s’agit de contourner un pressing estampillé Loco. Ils ne se créent pas pour autant de véritables occasions.

A l’heure de jeu, Bielsa sort Thauvin et le remplace par Ocampos. Cela coïncide avec une possession accrue côté OM, mais toujours pas de but. A la 70ème, Dja Djeje est remplacé par Aloé, Romao passant au marquage individuel sur Fékir, et permettant à Imbula d’accompagner les attaques. Marseille passe en 3-4-3 à plat, avec Imbula et Romao dans l’axe et Payet toujours en 10, en soutien de deux attaquants.

Trois minutes plus tard, le temps pour Payet d’expédier une praline dans les tribunes, Gignac est trouvé dans la profondeur. Arrivé à l’entrée de la surface, sur la droite, il tire, mais trop croisé, et ça heurte le poteau sous les yeux d’un Lopes soulagé.

La pression est marseillaise, et les situations chaudes s’enchaînent : Payet, coutumier du fait ce soir, frappe à côté, tout comme Ocampos. Fournier sort alors Ferri pour Malbranque, et Bielsa, Gignac pour Batshuayi.

A la 83ème minute, le match semble enfin avoir trouvé son vainqueur ! Sur un corner, Fanni  reprend de la tête. Lopes semble capter le ballon, mais le relâche sous la pression d’Ocampos. Le ballon semble franchir la ligne. L’arbitre refuse pourtant le but, incapable du fait de son placement de voir et donc de prendre une décision.

Une fin de match sous tension

Les marseillais sont tout proches de marquer, et redoublent d’efforts, faisant le siège du but lyonnais. La tension monte dans chaque camp, la nervosité aussi. Sur l’un des rares ballons ressortis par Lyon, Morel, en retard, découpe Gonalons. Le geste est très dangereux, l’arbitre n’hésite pas et sort à la fois le rouge et le joueur marseillais.

Cela change totalement le visage de cette fin de match. Les lyonnais sont enfin menaçants, bien aidés par un OM qui veut toujours attaquer malgré l’infériorité numérique.

Tolisso et Njié ont deux grosses occasions de hold-up complet. Sur la première, Tolisso reprend du gauche à l’entrée de la surface, dans une forêt de jambes. Mandanda, masqué, joue aux super-héros et détourne. Sur la deuxième, le gardien olympien capte bien la tête de l’iroquois lyonnais.

Lyon aura souffert 85 minutes, Marseille 5, mais le résultat est nul.

Jean Michel Aulas, visionnaire, avait dit plus tôt dans la semaine qu’un nul serait un bon résultat. Il ne s’attendait certainement pas à un 0-0, encore moins à un 0-0 avec tant d’occasions. Mais son équipe est toujours en tête, et avance quand le PSG trébuche.

L’OM, malgré un match fantastique, n’a pas réussi à trouver le chemin des filets. Les olympiens peuvent être frustrés, d’autant que Fanni aurait du voir son but de la tête validé. Il y a toutefois une consolation pour eux : l’animation du 3-4-3 en losange de Bielsa, qui aura été très performant pour la première fois de la saison. A noter la variation dans l’animation du 3-4-3, avec le bref passage avant l’expulsion à un 3-4-3 à plat au milieu, avec Romao et Imbula, et Payet en 10 derrière deux pointes.

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