Pourquoi l’OM pourrait penser à Alain Boghossian

Marseille vit une saison noire ! Il faut dépasser les moqueries puériles et parler football. L’équipe n’a pas de fond de jeu lisible, le projet Dortmund  n’a pas eu de fondations solides, certains joueurs surnagent quand d’autres sombrent… La seule solution pour l’OM, que l’on dit actuellement audité par un fond d’investissement US, est de présenter un projet lisible sur 3 à 5 ans afin de conforter de potentiels investisseurs, des futures recrues, des jeunes, mais aussi et surtout les supporters !

A l’image du Milan AC ou de United qui vivent des périodes moins fastes ou de la Juventus qui renaît depuis 3 ans, l’OM doit se réinventer. Les grands clubs ne meurent jamais. Les plus marseillais des Esthètes du Foot ont observé, cogité et trouvé un départ probable à cette reconstruction : elle pourrait passer par l’arrivée d’un Champion du Monde 98 sur le banc de l’OM. Alain Boghossian, 45 ans, est sorti major de la promotion 2006 du DEPF (Diplôme d’Entraîneur Professionnel de Football), celle dont est également issue Laurent Blanc. Depuis presque 10 ans maintenant et malgré une expérience probante comme adjoint en Equipe de France, l’ancien milieu de Parme n’a jamais directement entraîné d’effectif professionnel au poste de numéro 1. Le bon moment pour se lancer ?

Un coach Français, mais avant tout Marseillais

Aucun nationalisme ou patriotisme exacerbé ici mais la Ligue 1 est particulière. Outre les succès récents d’Ancelotti, Ranieri, ou Jardim qui bénéficiaient d’outils autrement plus faciles à manœuvrer, rares sont les entraîneurs étrangers qui réussissent à s’inscrire dans la durée dans le championnat français. Même si Labrune semble plus emballé pour un coach étranger, la barrière de la langue existante avec Bielsa et Michel pourrait enfin tomber car à Marseille plus qu’ailleurs, il faut s’expliquer avec la presse, les supporters, donner des clefs du jeu et rassurer. Et quoi de mieux qu’un homme du cru pour renouer le dialogue en interne et avec les supporters ?

« Je connais ce club et l’exigence qui est liée aux résultats de son équipe »

S’il venait à entraîner l’OM, Alain Boghossian aurait l’avantage de débarquer dans un « contexte marseillais » qu’il connait déjà. Formé au club, le natif de Digne-les-Bains avait déjà su à l’époque être patient pour s’ouvrir la porte de l’équipe première, ne disputant son premier match en première division qu’à l’âge de 23 ans. En tant que joueur, il avait pris le temps d’éclore patiemment.

Une formation solide et un parcours international flatteur

On peut les entendre d’ici ceux qui diront que Boghossian n’a pas d’expérience en tant qu’entraîneur de club. Il aura fallu du temps pour accorder du crédit et sa chance à un  Laurent Blanc qui a déjà été champion national avec deux clubs différents alors que certains des coachs usant les bancs des clubs professionnels de France n’en n’ont parfois pas un seul ! Boghossian a été major de promo au DEPF en 2006, ce qui a le mérite de souligner que les professionnels avertis qui ont eu à le juger ont considéré son projet théorique d’entraîneur comme étant le meilleur parmi ses pairs, parmi lesquels figuraient notamment un certain Laurent Blanc ou Antoine Kombouaré.

Pendant sa carrière de joueur, « Boghoss » a évolué et brillé en Italie sous les couleurs de Naples, de la Sampdoria et de Parme, finissant sa carrière en Espagne à l’Espanyol Barcelone. Il a travaillé sous les ordres d’hommes aussi pointus que Sacchi, Malesani ou Simoni sur le banc et joué aux côtés des Cannavaro, Thuram, Crespo, Veron, ou Zidane. Un apport non négligeable pour un futur coach en puissance. En parallèle à sa formation d’entraîneur professionnel, Boghossian a également peaufiné son cursus en se formant sur le management: « C’est vrai que j’aimerais avoir une approche « à l’anglaise » qui me permettrait d’avoir une vue sur tout ce qui touche le domaine sportif, mais j’ai passé mes diplômes pour être vraiment entraîneur, pour être sur le terrain. J’ai aussi complété mon cursus par un diplôme en management qui me permet d’avoir une approche beaucoup plus complète du poste. »

Sa formation solide couplée à un palmarès impressionnant en tant que joueur – une coupe du monde, une coupe de l’UEFA, deux coupes d’Italie, et une supercoupe d’Italie – lui permettent d’afficher une « crédibilité terrain » sans faille qui pourrait appuyer son discours auprès des jeunes comme des joueurs plus expérimentés.

Un projet mûri et des contacts existants

Il y a déjà eu des contacts par le passé entre l’OM et Boghossian, comme nous le confiait le principal intéressé il y a quelques mois : « En 2006-2007 cela a été en discussion et il y a environ 3 ans j’ai été en contact avec Vincent Labrune qui me proposait de venir en tant qu’adjoint, mais je lui avais fait part à l’époque de la volonté d’avoir les rênes de l’équipe et de commander en tant qu’entraîneur principal. »

Boghossian OM

Tant qu’à prendre une équipe, l’ancien joueur de Parme a toujours dit qu’il ne voulait pas faire le pompier de service et qu’il aimerait bâtir un vrai projet sur 2 ou 3 ans. Son projet, l’ancien Bleu a eu le temps de le faire mûrir au fil des ans. L’ancien adjoint de Raymond Domenech et de Laurent Blanc en Equipe de France, aujourd’hui consultant et commentateur chez Eurosport, a pu profiter de cette tribune extraordinaire pour voir évoluer et progresser les joueurs prometteurs de Ligue 2. En tant qu’observateur avisé de l’antichambre de la L1, Alain Boghossian pourrait arriver avec des idées de joueurs prometteurs à faire signer. L’OM ne peut plus se permettre de passer à côté de joueurs comme Mahrez ou N’golo Kanté.

« Je vois les jeunes talents de demain en L2. Aujourd’hui, économie oblige, les clubs vont souvent chercher des joueurs dans les divisions inférieures. »

Plutôt que la politique actuelle de recrutement assez obscure avec les signatures des Rolando, Rekik, De Ceglie et compagnie, pourquoi ne pas en effet s’appuyer sur des futurs cracks à faire mûrir ? Avec la vente de joueurs comme Diarra et Mandanda, qu’il faudra savoir laisser partir, et peut-être des Romao, Mendy, ou Batshuayi, il devrait être possible pour l’OM de bâtir une équipe compétitive pour la saison prochaine au cours de laquelle il ne devrait pas y avoir d’ambitions européennes. Cela pourrait faciliter la création d’un groupe pour la première année d’un projet travaillé.

Il ne reste donc plus à Labrune qu’à décrocher son téléphone pour rencontrer l’ancien joueur des Bleus qui pourrait entrer dans la ronde des discussions au même titre que Conceicão ou Sampaio.

A propos de l'auteur

Romantique du Football qui aime le beau geste et considère ce sport comme de la poésie en mouvement. Fan de Pelé, Papin, Rooney et CriCri... il aurait mis près de 1037 buts depuis qu'il a signé sa première licence

Vous aimerez aussi

Répondre