PSG 1 – 0 Reims: mes impressions

Après la trêve internationale d’une dizaine de jours, les championnats respectifs reprennent en Europe. Dans le cadre de la 9è journée de Ligue 1, le Paris Saint Germain affrontait le Stade de Reims de retour en L1 après une longue absence. Retour sur cette rencontre.

Une composition originale

Pas épargné par les blessures, les suspensions et le niveau de fatigue des différents joueurs, Carlo Ancelotti a dû innover pour sa composition. En défense, le néerlandais Gregory Van Der Wiel était titulaire à droite, la charnière centrale était composée d’Alex et Sakho tandis qu’Armand occupait le couloir gauche. Outre la titularisation du latéral batave, la réelle surprise provenait du milieu à quatre composé de Nenê à droite, Matuidi et Thiago Silva dans l’axe et Maxwell à gauche. L’attaque était quant à elle emmenée par l’indéboulonnable Zlatan avec Gameiro en soutien.

Faillites individuelles et collective

Malgré une équipe sur le papier nettement supérieure au Stade de Reims, les parisiens ont souffert pendant la première mi-temps. Souvent débordés face à l’enthousiasme et la vivacité des rémois, les parisiens ont montré des signes de fébrilité inquiétants, et particulièrement dans le couloir droit. Les montées effectués par l’arrière latéral hollandais n’étaient pas des plus judicieuses ce qui l’a emmené à faire énormément de courses inutiles. Nenê ne s’est pour sa part que très peu senti concerné par le repli sur son couloir, laissant loisir aux attaquants rémois pour venir déborder un VdW en difficulté. Très effacé, le milieu offensif brésilien n’a pas eu l’impact escompté sur le jeu parisien. Blessé à la pommette et opéré dans la soirée, il est sorti à la pause avec 23 petits ballons touchés et un coup de boule encaissé. Pour comparaison, seul Gameiro a fait moins sur le match avec un nombre famélique de 18 ballons joués en 72 minutes. Ménez, qui a remplacé Nenê, a joué 70% de ballons de plus que le brésilien. Énorme !

Au niveau du collectif, les transmissions de balles sont toujours trop lentes, les parisiens multiplient les touches avant de délivrer des passes principalement latérales (49%) et à courte distance (48%). Pas véritablement inquiétante, l’utilisation du ballon par les joueurs parisiens s’explique également par l’absence de mouvements des joueurs dits offensifs. Malgré le marquage des adversaires, nos attaquants attendent paisiblement que le ballon leur arrive dans les pattes sans même tenter de venir le chercher une fois que la passe est réalisée. Du gâteau pour la défense adverse ! Avec 28 centres effectués, on aurait pu espérer une plus grande réussite. Trop peu de ces contres ont été véritablement dangereux (et ont passé le premier défenseur). Comme nous le montre l’action du but, ce n’est pas la taille de l’attaquant qui fait la différence mais la qualité du centre, et hier soir cette qualité n’était malheureusement pas au rendez-vous. L’entrée de Ménez, un joueur qui aime aller provoquer, a apporté beaucoup plus de percussion au bloc parisien. L’impression globale est qu’il n’y a toujours pas d’intégration d’un projet de jeu et que l’équipe va dépendre en majorité de la forme et de la réussite de ses individualités plutôt que d’une approche tactique travaillée. Mais comme le déclarait l’arrière montpelliérain Bédimo lors d’une récente interview, on peut être champion avec un peu de baraka. Celle-ci a une fois encore été incarnée par l’excellent Sirigu, qui a sorti le pénalty de Diego à la 40è.

Le choix du coach

Force est de constater qu’Ancelotti ne se préoccupe pas vraiment dans la beauté du jeu produit par l’équipe avec uniquement trois joueurs offensifs au coup d’envoi (et seulement deux à la fin du match). Le coach italien semble donc vouloir « assurer le coup ». La faiblesse de l’animation offensive pourrait également venir du faible nombre de joueurs ayant la vision de jeu nécessaire pour effectuer la passe au bon moment (6 hors-jeu sur le match) ou simplement créer le décalage en un coup d’œil (voir et réussir la passe qui donne un avantage).

Reims n’a pas démérité sur l’ensemble du match et a évolué au niveau de son actuelle 7è place de Ligue 1, mais il y a un monde entre les coéquipiers de Tacalfred (capitaine rémois et sosie de Thiago Motta avec une coupe à la Sean Paul) et l’effectif parisien. Auteur d’une bonne première mi-temps, le Stade de Reims affiche l’état d’esprit et la volonté nécessaires pour assurer son maintien et plus si affinités. Les parisiens ont d’autres ambitions, et la rencontre d’hier nous démontre qu’il n’y aura pas de matchs joués d’avance et que les joueurs d’Ancelotti ne sont pas encore en mesure de se sentir à l’abri contre des équipes dites « plus faibles ».

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