PSG: et si Carlo se trompait ?

Après cette bien piètre performance du PSG face à Ajaccio, il ne serait pas constructif de fondre dans l’alarmisme prématuré. Une équipe en construction prend du temps à développer des automatismes, mais la pauvreté du jeu parisien face aux ajacciens nous amène à réfléchir à des solutions susceptibles d’améliorer le rendement de l’équipe. Les absences de T. Motta et Sissoko ont certes impacté l’équilibre de l’équipe jusqu’à présent mais pas certain que leurs retours respectifs apportent un réel plus dans l’entrejeu parisien qui permettra de développer un jeu plus digne d’un champion en puissance.

Un milieu dépassé et une attaque stérile

Le PSG n’a pas su s’imposer lors des deux premières rencontres de Ligue 1 notamment car son milieu de terrain n’a jamais semblé capable de prendre la mesure des merlus ou des ajacciens. Le milieu parisien a même grandement souffert face à Ajaccio, étouffé par la vivacité des coéquipiers de Cavalli. Les maigres 38% de possession de balle côté PSG ont de quoi faire peur face à une équipe qui part avant tout pour jouer le maintien au sein de l’élite.

Le match a mis en évidence un bloc équipe très distendu et une attaque stérile car totalement dépourvue de ballons. Au sein de ce milieu, seul Matuidi a rendu une copie correcte, sans toutefois réaliser un match particulièrement enthousiasmant. Pastore n’a, lui, semblé concerné que par intermittences tandis que Chantôme a démontré ses limites surtout en première période en étant souvent été baladé lors des duels. Et que dire des côtés ! Les couloirs ont en permanence été délaissés et les arrières latéraux parisiens se sont souvent retrouvés seuls face à plusieurs adversaires.

Avec des joueurs offensifs aussi techniques que ceux que compte l’effectif parisien, l’équipe ne sera en mesure de s’imposer que si ces joueurs ont la possibilité de s’exprimer dans un périmètre réduit où ils pourront faire la différence grâce à un jeu fait de passes courtes, de combinaisons et de un contre un. Pour que cela puisse se faire, l’équipe devra récupérer le ballon beaucoup plus haut sur le terrain et donc changer ses intentions. Le milieu n’a pas suffisamment gratté de ballons avec seulement 33 ballons gagnés par la triplette Chantôme, Matuidi, Pastore (dont 16 pour le seul Matuidi). Heureusement que Bodmer n’était pas titularisé ! Cette mission de récupération est largement plus revenue à la défense avec 64 ballons gagnés (soit une moyenne de 16 ballons gagnés pour les arrières contre 11 pour les milieux). En apportant plus de poids et de densité à son milieu de terrain, Ancelotti pourrait espérer prendre possession du jeu plus rapidement et surtout plus haut sur le terrain, ce qui serait bénéfique au secteur offensif. L’arrivée de Thiago Silva pourrait fortement aider à cela, je m’explique.

Le changement tactique

Avec l’arrivé du brésilien, le PSG disposera de trois arrières centraux de niveau international (ou presque). Malgré des soucis de rapidité pour Alex et de concentration pour Sakho, l’association des trois en défense centrale (au détriment d’un des « ailiers » qui par ailleurs ne centrent jamais) permettrait au PSG de faire monter d’un cran ses latéraux sur le terrain afin qu’ils prêtent main forte à la récupération. L’équipe gagnerait défensivement en étant moins exposée aux contres adverses, la présence de Pastore en milieu central décalé sur la gauche sécuriserait ce flan  de la défense où Maxwell est bien trop souvent délaissé. Cet ajustement pourrait nous donner un 3-5-2 à l’italienne du type: Sirigu dans les cages –  une défense composée de trois centraux T.Silva, Alex, Sakho – un triangle au milieu de terrain composé de T. Motta, Pastore/Veratti et Matuidi/Sissoko avec un duo d’attaquants composé d’Ibra et Lavezzi/Ménez/Nenê. Ce dispositif  aurait pour incidence de libérer les latéraux dans leur participation aux phases offensives par la compensation défensive d’un arrière central. Pour rappel, les deux buts encaissés contre Lorient sont venus du côté droit après une montée de Jallet non couverte.

Une grosse déception était lisible sur les visages de Leonardo et de Nasser Al Khelaïfi à la fin du match. Le Mister va devoir rapidement trouver une solution aux faiblesses démontrées par le collectif parisien au risque de voir se multiplier les prestations parisiennes insipides face à des adversaires surmotivés qui détermineront en partie le succès de leur saison en fonction de leur résultat face à la supposée armada parisienne.

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