Qui a parlé de crise de l'Euro ?

L’Euro c’est un peu comme cette lointaine cousine que tu ne vois que tous les 4 ans.

L’Euro, plus qu’un simple moment de foot, donne enfin l’occasion à tous les lycéens et à tous les bacheliers de réviser leurs capitales d’Europe.

L’Euro c’est le seul moment où tu as le droit de haïr les Beatles, Olga Kourylenko et IKEA de façon totalement gratuite.

L’Euro c’est le moment où les vieux clichés réapparaissent : « Yannick Noah a raison j’aime bien ce mec en fait ».

Un canapé IKEA (et bah quoi), de la bière ou du coca, – les plus fantaisistes allant même jusqu’à opter pour l’Oasis mangue ou de l’Ice Tea agrumes – des chips les moins chères possibles (le goût importe peu, seul le bruit compte), des pizzas surgelées (en prendre au moins une hallal pour les copains), un écran plat, voilà les ingrédients d’un hôte respectable. Si vos potes ne vous reçoivent pas de cette façon, il vous reste toujours les bars.

Chaque soir de match, c’est une compétition parallèle qui se joue sur tous les canapés de France. Tranquillement installé avec le gratin de vos potes footeux, ceux qui auraient eu leur place dans le “onnnnn refait le match” de Saccomano, vous ouvrez les débats. « Y’a pas à dire, Zizou c’était vraiment un Dieu les gars ». Par esprit de contradiction ou en raison d’une finale 2006 qui lui reste en travers de la gorge, le casse-coui… impitoyable de la bande réplique du tac au tac : « c’est surtout une racaille ouais, il ne savait même pas parler ». Mais t’es quiiiiiiii toi ????

Le coup d’envoi du (vrai) match est depuis longtemps oublié alors que les sujets fusent sans aucune obligation de transition ou de cohérence. N’essayez surtout pas de sortir (surtout si vous êtes nés en 1990) : « mais de quoi vous parlez pour moi le meilleur c’est Platini » au risque de passer pour le pseudo type qui étale une culture qu’il n’a pas ! Le match du salon repart de plus belle et personne ne sera épargné, de Pelé et ses comprimés de grabataire à Oliech et ses courses de buffle, vous avez un avis sur tout. Pendant ce temps là, l’explosif Russie – République Tchèque tourne dans le vent. Ça ne sera pas la même chose devant les matchs de l’équipe de France…

Si tu es français(e) et que c’est ton premier Euro ou si tu aspires à devenir français(e) et que c’est ton premier grand oral devant un match des Bleus en compétition officielle, voici quelques conseils pour te fondre dans le moule :

  • Deviens chauvin(e) (comme Landry nouveau coach de Brest #infomercato).
  • Insulte les commentateurs qui ne disent que la merde et prends toi la tête à deux mains quand CJP s’émerveille devant un râteau bidon comme un môme devant le père Noël ou lâche un pitoyable « c’est rigolo hein ? ». Non.
  • Peste contre l’abruti qui a eu l’idée de faire un Euro en Ukraine où il n’y a que des terrains de merde même s’ils sont au standing de l’UEFA.
  • Trouve ton bouc-émissaire dès le premier match, et ne le lâche pas jusqu’à la fin de la compèt’. Il peut être remplaçant, avoir une crête ou des tatouages, bref, tout ce que tu veux  !
  • Prononce au moins une fois le fameux adage « La France c’est des cakes ».
  • Rajoutes-en une couche sur l’histoire des quotas en EdF.
  • Dis toi bien que la France c’était mieux avant, surtout si on est menés par l’Angleterre.
  • Quand tu veux dans la rencontre, lâche un : « Zizou, Zizou, Zizou ».
  • Jure ton amour éternel pour France 1998, la plus belle coupe du monde selon toi, et pour l’Euro 2000, le plus bel Euro selon toi.

L’Euro c’est aussi un peu des vacances pour ceux qui ne partent pas en vacances, c’est aussi le moment adéquat pour (re)commencer à faire du sport (oui, c’est à toi que je parle). 18h 45 et 20h 45, on devient tous Jack Bauer et les minutes passent comme des jours dans nos têtes. Pour tous, LA question la plus récurrente des deux prochaines semaines sera : « c’est qui qui joue ?», donc avis aux jeunes femmes, vous savez ce qu’il vous reste à faire pour accoster les mecs dans un bar…(on peut rêver hein !). En définitive, le sport sera le meilleur ami des riverains cet été, et les heureux vacanciers risquent de rater une épopée Gilgamesh.

Vous l’aurez compris, l’Euro sera non seulement un tournoi de football de grande qualité mais également un moment de plaisir, de rencontres, de révisions (ou pas), d’histoire à écrire et à vivre en communauté. Qui parlait de crise de l’Euro déjà ? Pfffff… Allez les bleus !!!!!

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