Un sursaut à Manchester United, enfin ?

Nouveau coach, départs de cadres, recrutement massif… On peut dire que l’été fut agité à Manchester.

Après une saison calamiteuse ponctuée par une terrible 7ème place synonyme d’absence de coupe d’Europe, Louis van Gaal est chargé cette saison de laver cet affront en redorant le blason du club. Retour sur le début de saison des Mancuniens avant le derby de dimanche à l’Etihad Stadium face à Manchester City.

Un nouveau look pour une nouvelle vie

Des embouteillages dans les deux sens. Voilà comment on pourrait résumer le mercato estival du côté de Manchester United. Les premières retouches commencent avant même la fin de la saison dernière avec le limogeage du manager David Moyes, qui n’avait probablement pas les épaules pour succéder à Sir Alex Ferguson. Le 19 mai, son successeur est annoncé : Louis van Gaal prendra les rênes du club aux 20 titres de champion après sa Coupe du Monde avec les Néerlandais. Dans le sens des départs de joueurs, les légendes se succèdent : Nemanjà Vidic, 300 matches sous le maillot des Red Devils, file se finir pépère en Italie tout comme le capitaine historique Patrice Evra et ses 380 matches. Rio, Rio Grande Ferdinand, plus de 450 matches au compteur, décide pour sa part de couler avec QPR plutôt que de raccrocher les crampons à 35 piges. Mais la plus grande légende à dire stop, c’est évidemment Ryan Giggs et ses 963 matches sous la tunique mancunienne. A 40 balais, on ne lui en voudra pas trop.

Ajoutez à cela les départs secondaires de Kagawa à Dortmund, de Chicharito au Real, de Nani au Sporting, de Cleverley à Aston Villa et de Welbeck à Arsenal pour arriver au total de neuf joueurs, certes pas tous irréprochables dans le naufrage de la saison dernière. Pour remplacer tout ce beau monde, les Glazer sortent l’artillerie lourde, les stylos Mont-Blanc, et signent les chèques à tout va. Débarquent l’espoir de Southampton Luke Shaw, le défenseur albiceleste Marcos Rojo, le batave Daley Blind au milieu du terrain, le métronome Ander Herrera et les deux vedettes sud-américaines Angel Di Maria et Radamel Falcao. Le tout pour la somme colossale de 194 millions d’euros, soit le mercato le plus cher d’une équipe depuis celui du Real en 2009 (Kaka, Ronaldo, Benzema, Xabi Alonso…). Renforcés par leur neo-sponsoring par Chevrolet et le contrat record avec Adidas qui deviendra l’équipementier du club à partir de la saison prochaine, les Mancuniens sont à peine inquiétés par le Fair-Play Financier, qui les contraint seulement à se faire prêter Falcao pour 10 millions d’euros.

Problèmes de riches devant et de pauvres derrière

On peut d’abord s’interroger sur la pertinence du recrutement d’ « El Tigre » Falcao dans un effectif qui comptait déjà Wayne Rooney et Robin van Persie aux avant postes. Danny « dat guy » Welbeck et Chicharito n’avaient pourtant pas des mauvaises stats ramenées à leur temps de jeu respectif et surtout pas un statut de superstar à contenter. Pour faire jouer les trois attaquants, Rooney est également condamné à reculer et, au jeu des chaises musicales, c’est Juan Mata, arrivé l’hiver dernier en provenance de Chelsea, qui se retrouve à cirer le banc. Niveau défensif, le poste de défenseur central est quand à lui laissé à l’abandon. Vidic et Ferdinand ne sont pas remplacés, alors on bricole : le latéral Rojo se mue en central aux côtés de Jones ou Smalling. L’équipe est assez terriblement déséquilibrée sur le papier et cela ne tarde pas à se confirmer sur le terrain.

And now ?

Actuellement huitièmes de Premier League, les Red Devils ont également sacrifié la League Cup en se faisant humilier par MK Dons, une équipe de D3, sur le score de 4 à 0. Un naufrage. Ce soir là, LVG avait décidé de laisser la place aux jeunes tel un Paul Le Guen des grands soirs. En championnat, les Mancuniens commencent cette saison comme ils avaient fini la dernière : mal. Avec seulement deux points en trois matches, ils s’imposent finalement au bout de quatre journées face à Queens Park Rangers sur le score de 4-0. Dans la foulée, les Red Devils replongent et en prennent 5 à Leicester pour une honteuse défaite 5-3. Depuis, l’équipe montre du mieux avec des courtes victoires face à West Ham et Everton et deux nuls arrachés en racro par Blind face au WBA de Sessegnon et par Van Persie contre Chelsea dans les arrêts de jeu dimanche dernier. Avec dix points de retard sur les Blues, leaders du championnat, il est peut-être un peu tôt pour enterrer définitivement les Mancuniens, mais une chose est sure, le derby de dimanche, lui, vaudra déjà de l’or.

A propos de l'auteur

Supporter du PSG depuis tout petit, il est fan de Bergkamp, Henrik Larsson, Inzaghi, Zkatan, Van Nistelrooy, et de ce bon vieux Sammy Traoré. Il aime Paris, et joue toujours au ballon dans son club de toujours, dans le 9-4.

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