TFC-OM: rugir de plaisir

Si vous parlez un jour à un chasseur qui connait la savane, le meilleur conseil qu’il pourra vous donner si vous souhaitez vous aventurer seul dans les hautes herbes sera : « Toujours se méfier d’une bête qui semble blessée » …et il relèvera son chapeau ! L’OM bouge encore, qu’on se le dise. Après s’être empêtré dans le piège champenois et avoir été touché par les caennais, le club phocéen a pris le temps de panser ses plaies et de laisser les ignorants du village Pow Wow chanter sa mort. Mais comme dirait Ouaddou : « Il ne faut pas brûler la peau de l’ours avant de l’avoir vendue… » et beaucoup avaient enterré Marseille qui ce soir chassait en meute…

TFC-OM

Un Boucher taillé en pièces

La chasse est lancée d’entrée de jeu. Au vu de sa position au classement de L1, Toulouse fait figure de victime idéale et ce sont les yeux écarquillés que les locaux reçoivent le premier coup de patte dans la 1e minute de jeu. Batshuayi, qui avait croqué le péno d’entrée la semaine dernière, a affûté ses griffes et est cette fois-ci tranchant depuis l’entrée de la surface ; solide sur ses pattes, il enroule un amour de ballon dans la lunette d’un Boucher impuissant, 0-1.

La gazelle court toujours, alors le coup se fait encore plus assassin avec un improbable Aloe qui bondit hors d’un buisson de jambes pour détourner une frappe de Mendy – qui semble enfin s’être trouvé un coiffeur près du Vieux Port – et envoyer une estafilade sur le flanc du but rose. 6e minute de jeu, et déjà 0-2.

N’importe quel néophyte sortirait une mauresque pour fêter ça mais ces dernières semaines, on a aussi appris du côté de la Cannebière à reboucher les bouteilles de champagne…alors patience. D’autant que le TéFéCé semble se débattre par des occasions coup sur coup de Grigore (12e) et Braithwaite (18e) mais, du côté de la Ville Rose, on ne connait pas de marabout digne de ce nom !

A la 20e, un Ayew revigoré après son retour des terres d’Afrique lance la battue, il longe la surface et frappe fort ! Sous la pression d’Ocampos, le pauvre Moubandje se prend les pattes dans le tapis et bute. 0-3. Ca sent la longue soirée côté toulousain. Si on jouait à PES, Casanova devrait lâcher la manette et passer son tour, mais il reste encore 70 minutes à ce jeu cruel.

Le Téfécé manque la cible et se fait assomer

A Marseille, les côtelettes ne sont jamais tout à fait prêtes à être grignotées tant que l’arbitre n’a pas sifflé la fin. C’est Pesic, sur un relâchement coupable de Romao dans sa surface, qui se retrouve face à Mandanda et enlève trop sa flèche (37e) ; deux minutes plus tard, le même Pesic accompagné de Trejo manque à nouveau sa proie ! Ce doit être ça la fameuse différence entre le bon et le mauvais chasseur. Le bon chasseur, il voit un ballon qui traîne : il tire. Le mauvais chasseur, il voit une balle et… il tire. Mais bon, c’est un mauvais chasseur.

En face, il y a de vrais tueurs. Des félins assoiffés de victoire qui avalent le terrain en quelques foulées. Payet à la baguette, petit pont au milieu du terrain, décalage astucieux sur Ocampos à droite qui sert Michy sur un plateau, et lui offre une viande bien tendre. Le belge ne se fait pas prier pour y planter ses crocs après avoir envoyé un crochet à Boucher : c’est la quatrième fois que le portier toulousain va ramasser la balle, et ce n’est pas volé. C’est sur ce but qu’arrive une mi-temps pour débarrasser l’aire de jeu d’un tas de cadavres violacés.

L’OM déroule et achève sa proie

La deuxième période repart à un rythme moins soutenu et Ocampos fait briller Boucher qui, heureusement, porte son gilet pare balles pour limiter la casse. Mais le tempo des tamtams et la chaleur de la nuit toulousaine nous rappellent que le danger est partout. Le Fada lâche alors Gignac le mort de faim en lieu et place de Batshuayi quand Casanova fait entrer Ben Yedder.

Le 10 violet veut survivre et pense jouer un sale tour aux azuréens en servant une galette à Grigore (66e) qui peut tenter de faire douter l’OM ; mais le joueur se trompe de sport et envoie un drop à la Dusautoir qui s’entraînait probablement dans l’autre stade, derrière le Stadium. Loupé. Comme on n’est jamais mieux servi que par soi même, Ben Yedder s’en va personnellement glisser une fléchette entre les jambes de Mandanda pour sauver l’honneur et revenir à 1-4 à la 77e !

Je lève alors la tête vers la Bonne Mère pour lui demander de…BUUUUUT ! Ayew jaillit tel un guerrier massaï à peine 40 secondes plus tard pour me servir un Pastis 5-1. Chapron, Chapron, remet nous des glaçons !!! Le ghanéen sortira deux minutes plus tard pour profiter d’une ovation bien méritée tant il a été de tous les bons coups avec son flair de pisteur de buts.

Et Gignac dans tout ça ? Il est au Stadium sur son ancien territoire. Alors avec toute sa détermination, il va venir achever un Téfécé dépecé. Slalom à gauche, rugissement pour rappeler qu’un Lion ne meurt jamais et, en cette 89e minute, il vient laisser à son tour son empreinte sur le match. Le but sonne comme un coup de fouet, 1-6 !!!

Le cassoulet d’avant match des joueurs de Casanova aura fait mal. Ce soir on aura appris plusieurs choses :

  • On peut tromper Boucher 6 fois
  • On ne peut pas ne pas tromper 6 fois Boucher
  • On ne peut pas ne pas pouvoir…

Enfin bref, Marseille est de retour, il griffe, il mord et il veut sa part de L1. La part du Lyon…

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A propos de l'auteur

Romantique du Football qui aime le beau geste et considère ce sport comme de la poésie en mouvement. Fan de Pelé, Papin, Rooney et CriCri... il aurait mis près de 1037 buts depuis qu'il a signé sa première licence

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