Tout jeter au PSG ?

Deux défaites d’affilée pour le PSG, c’en est trop. Laurent Blanc ne se remet pas en question, il a été éliminé de la Champion’s et se paye le luxe de foirer son match contre l’OL. Cavani, quelle buse celui-là, ce n’est pas l’attaquant qu’il faut à Paris, il n’est même pas foutu de cadrer. Le jeu parisien est stéréotypé et stérile, et blablabla et blablabla. Bah voyons! Arrêtons un peu d’écouter et de propager la parole de tous ces analystes du court terme, et prenons un peu de distance pour faire le point sur les quelques enseignements « vraiment » utiles sur le club parisien.

Paris

Un Lolo Blanc comme neige ?

Quand tu perds 1-0 en Champion’s League à 6 minutes de la fin, que tu es qualifié et que tu fais entrer un défenseur frais au milieu pour aller ratisser, ok, ça peut donner l’impression que tu flippes de prendre un second but. En même temps, quand tu sais que ce but est synonyme d’élimination, il y en a, des raisons de péter en deux ta touillette à café. Quand tu encaisses ce second but et que tu passes pour un gros looser, c’est vrai, tu deviens aux yeux de tous ce mec frileux qui a voulu la jouer ceinture et bretelles et qui finit par se retrouver cul nu au milieu de Stamford Bridge.

Coacher, c’est avant tout l’art de provoquer la chance, et il faut dire qu’à ce petit jeu là, Mourinho est de loin le meilleur et l’a de nouveau démontré. Reprocher à Blanc la défaite contre un Chelsea dominateur en ayant passé 87 minutes du retour virtuellement qualifié, à la rigueur, mais ne remettons pas en question le bon boulot du coach sur l’ensemble de la saison pour autant !

Le combo avec la défaite face à Lyon pique un peu et précipite le PSG dans l’abîme du « court termisme ». Que n’a-t-on pas lu/entendu sur Blanc après cette deuxième défaite d’affilée ? Incapacité à s’adapter, à proposer du jeu, un schéma stéréotypé, j’en passe et des meilleures. Ce bon Nasser a même dû soutenir officiellement son coach pour montrer à tous qu’il n’allait pas le larguer comme un vulgaire Kombouaré.

Au niveau du jeu, cette défaite fait suite à une ignoble relance plein axe de Lavezzi et une frappe en mode « frappe de ma vie » de Michael Jordan Loïc Ferri. Les joueurs parisiens ont avant tout démontré un manque d’envie et de capacité de réaction sur ce match. Un peu comme si, même menés, ils ne parvenaient pas à paniquer, confiants dans leur capacité à remonter.

C’est de cette apathie alors même qu’ils étaient menés que vient le souci sur cette rencontre, plus que des choix de l’entraîneur qui a aligné un 11 cohérent en laissant au repos certains joueurs émoussés. Lolo vous a peut être déçus sur ces deux matchs, mais un probable titre de champion, une finale de coupe et un quart de LDC sauront en contenter plus d’un. Laissons la fin de saison faire les comptes d’elle même au lieu de faire le jeu de la spéculation médiatique.

Cavani, du matador au mis à mort

Dans l’arène, l’uruguayen avait généralement tendance à maîtriser son sujet et à piquer la bête. Il se retrouve en à peine quelques matchs moyens à la délicate place du taureau, piqué au vif et complètement remis en cause. Il ne serait pas (Lucas) digne de jouer au PSG. Come on ! Le type donne tout ce qu’il a sur le pré, vendange parfois, surtout récemment mais à déjà inscrit cette saison la bagatelle de 15 buts en Ligue 1 et 4 en Champion’s League en étant majoritairement exilé sur un côté !!!

On revit en quelque sorte l’épisode du mercato hivernal pendant lequel certains acharnés souhaitaient dégager Lucas et Lavezzi du club au prétexte qu’ils n’étaient pas au niveau. Typiquement le genre d’analyses à vous propulser un Guilavogui en Équipe de France après un bon quart de saison avec Sainté.

Cabaye pas encore décisif

Le milieu parisien Matuidi-Motta-Verratti, c’est un peu le trio Dhalsim-Ryu-Zangief à Street Fighter, « Yogat » téléportation dans tes pieds et je récupère le ballon pour le premier, passe vers l’avant en Hadoken pour le second, et « ne tapproche pas car si tu rentres dans ma zone de corps à corps je vais te faire la misère » pour le dernier.

Ces trois titulaires quasi indiscutables tournent avec un Cabaye qui n’est pas encore à son meilleur niveau. Le coup spécial de Cabaye, dans Street Fighter, c’était jusqu’à présent le Sonic Boom en lulu (lunette/lucarne), pour ceux qui connaissent Guile et sa brosse à cheveux blonds. Le Sonic boom, c’est ce missile flottant et tournoyant décoché de l’extérieur de la surface et qui arrivait souvent au fond des filets. Problème, depuis qu’il est arrivé au PSG, Guile Cabaye realise des prestations correctes mais a quasiment perdu son coup spécial, peinant à se rendre décisif, ou simplement à marquer sa différence avec les trois autres gus. Une différence basée sur un arrière pendant deux secondes, avant et coup de poing, un peu à la Brandao sur un duel aérien en somme…

A propos de l'auteur

Supporter du PSG depuis tout petit, il est fan de Bergkamp, Henrik Larsson, Inzaghi, Zkatan, Van Nistelrooy, et de ce bon vieux Sammy Traoré. Il aime Paris, et joue toujours au ballon dans son club de toujours, dans le 9-4.

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