Yoane Wissa (Châteauroux): « Je me fixe un objectif de 10 buts »

Yoane Wissa, 19 ans, fait actuellement le bonheur de la Berrichonne de Châteauroux en National. Pour sa première saison avec les pros, le jeune attaquant originaire d’Épinay-sous-Sénart a déjà été buteur à trois reprises en six rencontres de championnat. Entretien avec un futur grand.

Bonjour Yoane, peux-tu rapidement nous expliquer quel a été ton cursus footbalistique jusqu’à Châteauroux ?

Bonjour, alors j’ai démarré à Épinay sous Sénart en poussins, j’avais 8 ans. J’ai débuté au goal jusqu’en moins de 13 première année, puis je suis passé milieu défensif, toujours à Épinay. Après je suis parti à Montlhéry en 14 ans fédéraux. A ce moment j’étais plus milieu excentré, et c’est à partir de là que j’ai commencé à être plus offensif. J’ai fait de septembre à janvier et après j’ai arrêté le foot pour des raisons personnelles. A ce moment là, l’école était la priorité. J’ai repris la saison d’après à Épinay en 15 ans au poste de 8 ou de 10 et j’ai enchaîné deux années là-bas, puis je suis allé à Châteauroux.

Yoane Wissa dans les buts (en haut à droite)
Yoane Wissa dans les buts à Epinay sous Sénart (en haut à droite)

Comment es-tu arrivé à La Berrichonne ?

Mes frères ont fait le lien avec un agent qui avait des contacts à Châteauroux. Il y a eu un suivi pour qu’un recruteur vienne me voir sur un match de fin d’année. Il est venu en finale de coupe de l’Essonne où j’ai marqué mais où je me suis malheureusement également blessé. Le recruteur a demandé à me faire venir à la reprise début août et ça s’est bien passé. Le directeur du centre de formation Mr Cadu m’a annoncé que j’étais pris pour rester à Châteauroux, c’était en 17 ans deuxième année, il y a quatre ans.

L’adaptation a ton nouveau club n’a pas été trop difficile ?

Franchement au départ c’était un petit peu compliqué pour moi puisque je n’avais pas trop l’habitude d’enchaîner les entraînements et que je venais d’un milieu où le football était plutôt pour le plaisir. Là le cadre était plus sérieux, ma famille me manquait, mais c’était le temps d’adaptation. Dès que j’ai commencé à enchaîner les matchs je suis rentré dans le rythme.

Comment s’est faite ton intégration dans le groupe ?

Ils m’ont bien accueilli et je me suis bien adapté. Honnêtement, je ne m’attendais pas à avoir un tel groupe. On est tous des amis, ça dépasse le terrain.

Comment s’est passée la préparation cette année ?

L’année dernière je m’étais déjà entraîné deux fois avec les pros. Cette année la préparation était un peu compliquée pour moi puisque j’ai passé le bac, j’ai eu une semaine de vacances et je suis rentré directement. Je n’ai pas vraiment eu de période d’entraînement personnel. Quand je suis rentré, il y avait match contre le Red Star le lendemain et le coach m’a demandé si j’étais prêt à jouer puisqu’il y avait des blessés. Je lui ai dit que oui, et j’ai démarré titulaire. Logiquement, j’ai fait un mauvais match, je n’étais pas vraiment dedans. Ensuite on a enchaîné les matchs amicaux et au début du championnat, j’ai commencé sur le banc contre Fréjus, je suis rentré à la 70è minute. Le match d’après, j’ai démarré en coupe de la Ligue contre Nancy et à partir de là, j’ai enchaîné les matchs comme titulaire.

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Tu affiches 3 buts en 6 matchs, comment juges-tu ton état de forme actuel ?

Ça va, je me sens en forme. Depuis que je suis avec les pros je travaille dur, surtout sur la musculation pour que je sois mieux physiquement. C’est très important pour moi parce que quand je suis arrivé dans le groupe je n’avais pas forcément le gabarit pour pouvoir prétendre bouger les défenseurs. Je sais que j’ai un travail personnel à effectuer pour avancer et aller le plus haut possible. J’essaie donc de me donner toujours à 100% à chaque entraînement.

Le fait d’avoir joué dans les buts est-il un avantage aujourd’hui dans ton poste d’attaquant ?

(rires) J’étais petit…mais franchement ça m’aide un peu, notamment  par rapport aux appuis. Si le gardien fait un appui sur le côté droit c’est pour ouvrir un angle sur le côté gauche pour forcer le tireur à frapper de ce côté. En fait je connais ces petits vices ! Par exemple contre Boulogne j’ai tiré un penalty et j’ai mis beaucoup de temps à venir vers le ballon. En venant lentement je savais que ça perturberait le gardien parce que plus tu es pressé, moins tu as de chance de marquer le but. Et de l’autre côté plus tu prends ton temps, plus le gardien est pressé que tu tires et ça le perturbe. Mais je n’ai pas été que gardien, pour tout vous dire j’ai aussi fait du rugby, entre 12 et 16 ans, en plus du foot avec l’association sportive à l’école. Ça m’aide aussi dans les duels.

Yoane Wissa à l'entraînement
Yoane Wissa à l’entraînement

Comment vis-tu la concurrence ?

La concurrence m’aide à me dépasser et à faire toujours plus. S’il n’y a pas de concurrence les gens restent sur leurs acquis. C’est quand on se sent bien installé qu’on peut commencer à penser qu’on est le meilleur et personnellement, je ne me sens pas arrivé. Le coach ne met pas de barrières, il est susceptible de faire confiance à tout le monde mais si je mérite de jouer je jouerai.

Quelles sont tes principales qualités et les points que tu peux encore travailler ?

Je suis un joueur qui aime toucher le ballon. J’aime avoir le ballon dans les pieds, je n’ai pas peur de l’avoir dans les pieds. J’essaie de toujours mettre mes partenaires en bonne condition et je cherche souvent la profondeur. J’aime me retrouver face au but, je suis un battant et j’ai toujours la rage de vaincre. Logiquement je déteste perdre mais je sais également être lucide quand je fais un mauvais match. Pour mes points d’amélioration, je dirais que je peux progresser dans le cardio.

Tu te définirais plutôt comme un attaquant ou comme un buteur ?

Comme un attaquant. J’aime participer au jeu.

Tu as des objectifs chiffrés ?

J’essaierai déjà d’enchaîner les matchs et de tous les faire avec les pro cette année. En termes de buts, je me fixe un objectif minimum de 10 cette saison.

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Quel coach t’a le plus marqué dans ta jeune carrière ?

A Epinay, tous les entraîneurs m’ont marqué. Après, dans un cadre plus professionnel à Châteauroux, c’est Mr Armindo Ferreira qui m’a vraiment fait changer. Je l’ai eu quand j’étais surclassé en U19 quand je suis arrivé, et il m’a donné la rage de vaincre. Il m’a dit de jouer sur mes qualités, il avait confiance en moi et il m’a fait prendre confiance en moi. C’est le coach qui m’a le plus fait évoluer.

Quels sont tes projets pour l’avenir ?

Pour l’instant je ne sais pas. Je suis stagiaire, j’avais signé pour deux ans et je suis dans ma dernière année. Ce sont mes frères et mes agents qui s’occupent de gérer tout ça pour que je me concentre juste sur le football. Après, je suis ambitieux pour la suite, je veux atteindre le plus haut niveau.

Qui sont pour toi les trois plus grands Esthètes du Foot ?

Je dirais Messi, le foot est en lui, c’est un génie, il est beau à voir jouer et il fait partager le football. Après, Cristiano Ronaldo pour le travail qu’il fait au quotidien, j’ai vu son quintuplé, et ça m’inspire beaucoup. Pourquoi s’arrêter à un but ? (rires). Pour le dernier, je vais dire Ronaldinho parce qu’avec lui le foot a l’air facile. Il est élégant, il a de la classe.

Un but, une passe décisive et un penalty obtenu. Yoane Wissa élu homme du match face à Amiens.

Quel est le geste que tu aimes réaliser ?

Le passement de jambes. J’en fais parfois, mais j’ai dû beaucoup travailler pour y arriver. Hier contre Amiens j’ai obtenu un penalty grâce à ça, et j’en avais obtenu un autre de la même manière contre Nancy.

Le geste que tu aimerais réaliser ?

La virgule.

Quel est le match qui t’a le plus marqué récemment ?

Chelsea – PSG, parce que ça prouve qu’il ne faut jamais baisser les bras et qu’il faut toujours se battre. La victoire était belle.

Quel est le défenseur le plus dur à gérer que tu aies croisé ?

Je pense que c’est Denys Bain, j’ai joué un peu avec lui en début de saison mais après il est parti au Havre. Il était dur et il avait des vices dans le jeu, que l’arbitre ne voyait pas. Il mettait le pied, quand tu passais devant lui il te faisait tomber.

Pour conclure, as-tu un secret pour être efficace ?

Honnêtement je n’ai pas de secret, mais je travaille toujours pour être au top. Après, j’aime bien regarder les vidéos des grands attaquants comme Benzema, Eto’o, Lewandowski, Drogba. Je m’identifie parce qu’ils aiment le ballon, ils marquent des buts, j’ai vraiment envie d’avoir une carrière comme eux.

Propos recueillis le samedi 12 septembre 2015

A propos de l'auteur

Supporter du PSG depuis tout petit, il est fan de Bergkamp, Henrik Larsson, Inzaghi, Zkatan, Van Nistelrooy, et de ce bon vieux Sammy Traoré. Il aime Paris, et joue toujours au ballon dans son club de toujours, dans le 9-4.

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