Manuel Da Costa (Olympiakos): « Ronald Koeman m’a beaucoup apporté »

Manuel Da Costa, 29 ans, a posé ses valises en Grèce à l’Olympiakos où il vient d’enchaîner neuf succès consécutifs en championnat. Entre un match de Super League et un autre de Ligue des Champions, le défenseur central international marocain a pris le temps de nous accorder un moment d’échange sur son parcours riche d’expériences et de rencontres ; un parcours l’ayant mené des petits matchs entre potes dans son quartier Jean XXIII aux plus prestigieux stades européens. Un contre un avec un Esthète du Foot, en toute simplicité.

Bonjour Manuel, peux-tu nous parler de ton arrivée en pro et de ton parcours ?

Bonjour Les Esthètes. J’ai débuté tout jeune ma formation de joueur à l’ASNL mais arrivé en U16 il y a eu un doute quant à ma capacité à pouvoir me hisser au niveau professionnel. Je suis donc allé dans un club de la périphérie, Jarville Jeunes Football, j’ai fait une année là-bas en étant surclassé chez les U18 nationaux et au sortir de cette saison j’ai pu retourner à l’ASNL. J’y ai signé un contrat Elite et avant même de signer pro j’ai été sollicité par des clubs étrangers. J’ai choisi de m’engager avec le grand PSV Eindhoven de l’époque.

Ensuite comment tu as enchaîné ?

Je dirais que j’ai grandi en tant que joueur dans plusieurs clubs à commencer par Eindhoven, puis j’ai passé 2 années à la Firoentina dont 6 mois de prêt à la Sampdoria, j’ai ensuite fait deux superbes saisons en Premier League à West Ham United. J’ai ensuite joué au Lokomotiv Moscou j’ai aussi fait un très bref passage dans le championnat portugais au Deportivo Nacional puis je suis parti à Sivasspor en Turquie. Je suis depuis cette nouvelle saison joueur du meilleur club grec actuellement : l’Olympiakos ! Un joli tour d’Europe !

Effectivement, et dans ce parcours très varié, est-ce qu’un entraîneur t’a marqué en particulier ? 

Chaque entraîneur te fait grandir en tant que joueur tu sais ! Mais disons que lorsque j’étais plus jeune il y en a deux en particulier qui ont su me canaliser. Tout d’abord Ronald Koeman au PSV car j’y suis arrivé jeune. C’était non seulement un ancien joueur mais il avait également évolué au même poste que moi donc il m’a vraiment beaucoup apporté. J’ai mal vécu son départ à l’époque, il me comprenait et me connaissait bien.

Il y a eu aussi Gianfranco Zola à West Ham qui avait une manière agréable de gérer les joueurs en rendant les entraînements très plaisants ; j’ai pris beaucoup de plaisir à jouer pour lui là-bas ! Je vais en ajouter un troisième puisqu’il serait dommage de ne pas citer Roberto Carlos à Sivasspor. Il partageait beaucoup son expérience et même à son poste d’entraîneur il continuait à être extrêmement proche des joueurs.

Tu joues à un poste de défenseur central où l’on se bonifie avec le temps. Peut on imaginer qu’un jour tu puisses jouer en France pour apporter ton expérience ?

Tu sais je me régale ici avec l’Olympiakos et je sens que ma maturité à ce poste est une force ! Pourquoi pas un jour effectivement jouer en France pour partager cette stabilité au sein d’un groupe jeune en défense ! C’est ce que je fais d’ailleurs déjà un peu ici au cœur d’une défense de 24 ans de moyenne environ.

Tu avais ta chance avec plusieurs sélections (France, Portugal, Maroc) et tu as finalement choisi celle du Maroc. Vous avez des ambitions avec les Lions de l’Atlas ?

Evidemment (il est direct) !!! L’équipe nationale est un groupe de joueurs très talentueux avec des ambitions légitimes car nous sommes le Maroc ! Quand on porte ce maillot on se doit de tout faire pour rendre fiers nos compatriotes ! Il y a de nombreuses échéances comme la CAN et la future Coupe du Monde, donc à nous de tout faire pour bien figurer. Nous avons une belle équipe, nous sommes humbles mais ambitieux !

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Au cours de ta carrière, qui a été le joueur le plus difficile à prendre au marquage ?

(Il rit et réfléchit un peu) C’est très compliqué comme question car il existe différents profils d’attaquants pouvant te poser des problèmes au sein de la défense ! Je pense à un joueur d’Anderlecht, Suarez, qui a malheureusement connu par la suite une très grosse blessure et qui n’a pas poursuivi sa carrière. Il m’a fait connaître le pire match de ma carrière. Il y a aussi évidemment Thierry Henry qui est forcément un joueur qui demandait de redoubler de vigilance. Et puis…(il hésite un instant)  il y a eu aussi toute l’intelligence et la science du déplacement de Pippo Inzaghi ! C’est un joueur qui n’était pas forcément puissant mais il était en permanence en mouvement et se donnait à 100% sur chaque appel, chaque contrôle et chaque frappe. Ça se voyait d’ailleurs dans la manière dont il fêtait ses buts comme s’il marquait en permanence dans les arrêts de jeu d’une finale !!! Il était dangereux par ses appels plongeants, appels contre-appels et dans cette faculté à se démarquer.

Quel joueur de l’une de tes équipes t’a le plus impressionné ? 

En arrivant au PSV j’ai tout de suite trouvé exceptionnel Philip Cocu ! Il n’était pas à son début de carrière mais on sentait qu’il pouvait jouer en marchant, il avait une vision et une appréciation du jeu impressionnante ! J’ai été bluffé car j’étais jeune et je le voyais jouer facile !

Tu as connu la Champion’s League avec le PSV et cette année avec Olympiakos, est-ce vraiment une compétition à part ?

C’est magnifique ! C’est une compétition qui donne des frissons !  C’est ma meilleure des compétitions en club ! Dès le moment de l’hymne, on sent ses forces se décupler avec cette nécessité de porter encore plus haut les couleurs de sa formation ! Chaque match revêt une saveur particulière car c’est une chance de pouvoir la jouer. C’est important pour les joueurs et on doit donner le meilleur à notre public car les supporters de l’Olympiakos sont des connaisseurs.

IMG-20151101-WA002Vous êtes tombés dans un groupe plutôt compliqué (ndlr: Bayern Munich, Arsenal, Olympiakos, Dinamo Zagreb).‎ C’est difficile à aborder ?

Il me semble que c’est le groupe le plus difficile mais le club a bâti une équipe très compétitive, très complète avec cette capacité de pouvoir rivaliser. Cela s’est senti dès la première rencontre face au Bayern quand, malgré la défaite (ndlr: 3-0), de nombreux observateurs soulignaient les problèmes tactiques qu’on leur avait posés. Ça reste l’une des meilleures équipes du moment. Mon ami Mehdi Benatia confirmait lui aussi qu’on avait offert une belle opposition !

Et la surprise face à Arsenal (ndlr: victoire 3-2 de l’Olympiakos) ? 

On savait qu’il y avait quelque chose à faire car notre équipe est bourrée de qualités ! C’est vrai qu’à cette période de la saison nous étions très forts ! J’étais blessé mais l’équipe a fait un très gros match ! C’est une équipe soudée de copains qui travaille énormément mais la concurrence est très saine ce qui crée une émulation et l’envie de se surpasser.

Tu es toujours très élégant, est-ce que la mode pourrait t’attirer pour ton après carrière ? 

C’est un domaine qui me plait énormément mais je sais aussi que c’est un monde compliqué donc je préfère me concentrer sur ma carrière pour l’instant, il sera temps d’avoir une réflexion à ce sujet par la suite.

Hormis le championnat français, est ce que tu pourrais être tenté par un championnat plus « exotique » dans le futur ? 

J’adore la France et il est aussi vrai que j’aime la culture américaine qui du coup à un championnat dont le niveau est de plus en plus élevé mais bon…on verra bien, on ne sait jamais de quoi demain sera fait ! J’ai déjà la chance d’avoir de très belles échéances avec Olympiakos donc pourquoi pas en fin de carrière !

Quel est pour toi le nom de joueur qui vient à l’esprit quand on parle d’Esthète du Foot ?

Figo ! J’ai toujours aimé ce joueur et je le trouve exceptionnel ! J’ai rêvé plus jeune de le rencontrer et j’ai eu cette chance. J’ai pu discuter avec lui plusieurs fois et c’est un Monsieur du football mondial !

Quel est ton geste technique préféré ? 

(Il rit) Le tacle ! (il rit encore plus)

Y a-t-il un match de foot qui t’a marqué étant plus jeune ? 

Pas forcément plus que ça mais je me souviens d’un très beau Portugal-Angleterre en Coupe du Monde 2006 où la Seleccaõ a éliminé les Three Lions !

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Vous enchaînez bien en ce moment avec ton club avec neuf victoires consécutives dans le championnat grec, une performance historique. Est-ce que tu appréhendes le match de championnat face au Panathinaïkos ce week-end ?

C’est vrai que c’est un match très attendu tout comme les matchs face à l’AEK et au PAOK que l’on a remportés ! Les supporters comptent sur nous car cela compte encore plus pour eux ! C’est un match bouillant où les supporters adverses ne sont pas autorisés à venir dans le stade pour la sécurité de tous ! C’est pour la bonne cause car il faut que cela reste une fête et que l’intégrité de tous soit préservée.

Qu’est ce qu’on peut te souhaiter pour la suite ?

Une bonne santé car j’ai fini de soigner il y a peu un souci au genou et puis que cela continue de bien se passer pour l’équipe et pour l’équipe nationale du Maroc !

Propos recueillis le 01/11/2015

A propos de l'auteur

Romantique du Football qui aime le beau geste et considère ce sport comme de la poésie en mouvement. Fan de Pelé, Papin, Rooney et CriCri... il aurait mis près de 1037 buts depuis qu'il a signé sa première licence

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