OL-PSG: le grand format

« C’est mon rôle de capitaine de redonner confiance à Edinson Cavani. D’ailleurs, je suis certain que nous gagnerons samedi grâce à un de ses buts ». Cette phrase de TS, recueillie par l’Equipe, s’est révélée prophétique. Hier soir, le PSG a remporté au Stade de France, face à Lyon, sa 4è Coupe de la Ligue, grâce à un doublé d’Edinson Cavani.

Pas de surprises au coup d’envoi : Blanc avait décidé de faire confiance à son onze titulaire. Rémi Garde devait lui, comme depuis le début de la saison, composer avec les nombreuses blessures.

PSG : Sirigu – Jallet, Alex, TS, Maxwell – Verratti, Motta, Matuidi – Lucas, Cavani, Lavezzi

OL : Lopes – Dabo, Bisevac, Umtiti, Bedimo – Tolisso, Gonalons, Mvuemba – Malbranque – Lacazette, Gomis

Cette belle soirée dyonisienne avait pourtant débuté de manière fort étrange, avec l’arrivée de la Coupe en hélico. Une mise en scène inutile, et ridicule – comme la majorité des animations au SdF – mais qui aura au moins permis aux forces du RAID de se dégourdir les jambes…

Le match débute sur un rythme élevé, les deux formations cherchant clairement à foutre la pression sur l’adversaire. Et à ce petit jeu, ce sont les Parisiens qui l’emportent. Forcément, avec Motta, et Verratti, c’est plus facile, eux qui ne connaissent que l’expression maltée du mot.

A la 4ème minute, Maxwell déborde côté gauche, joue un une-deux avec Pocho, rentre dans la surface, et, évitant in extremis la sortie de Lopes, glisse du bout du pied à Edinson. Cavani, entouré de trois Lyonnais, ne se fait pas prier pour se faufiler, ce filou, et ouvre le score. 1-0, et à ce moment-là, on commence déjà à penser à la façon dont la presse française va retourner sa veste sur le cas de l’Uruguayen.

Cette ouverture du score rapide définit la configuration du match : un Paris devant au score, avec la possession, dictant le rythme du match, face à des Lyonnais tentant de se projeter rapidement vers l’avant à la récupération du ballon. Cela ressemble à la position préférentielle pour les deux équipes : le PSG n’existe qu’avec la possession, et Lyon a un système taillé pour le contre. Cependant, Paris n’est jamais autant en danger cette saison que lorsqu’il mène au score, et qu’on ne vient pas le titiller au niveau de la possession : dans cette configuration, les joueurs du PSG ont tendance à se relâcher, et à perdre en concentration.

Et l’OL est loin d’être abattu par cette ouverture du score rapide. Pour preuve, Mvuemba nous sort un combo « sombrero sur une aile de pigeon – petit pont enchaîné ». Bon, c’était sur Jallet, certes, mais à la décharge d’Arnold, c’est le début du match, donc tranquille. Sur le corner qui suit, Gomis, autant abandonné par la défense que Jallet par ses cheveux, cadre sa reprise de la tête, mais Sirigu Salvatore.

Le bloc lyonnais est bien en place et amène progressivement le PSG à ralentir le rythme du match. La possession est clairement parisienne, mais peu dangereuse pour les lyonnais, qui parviennent à maintenir les Parisiens dans leur camp grâce à un pressing et à un positionnement efficace. Le PSG conserve et cherche des failles, et c’est dans la profondeur qu’il va en trouver. C’est là un des avantages à jouer avec Cavani en pointe : il sait se servir de la profondeur, chose que rechigne à faire Zlatan, lui l’apôtre du décrochage. Et par bonheur pour Edi, il y a deux gus dans son équipe qui ne sont pas maladroits lorsqu’il s’ait d’ouvertures : Verratti, et Motta. Voire 3, avec ce diable de prophète de TS.

OL PSG
On peut constater ici la densité axiale du 4-4-2 en losange de l’OL. Le PSG est forcé de rechercher rapidement les côtés, ou la profondeur dans le dos de la défense de l’OL

 Ainsi, comme par magie, le PSG résout les problèmes posés par l’OL. Face au milieu en losange lyonnais, dont la densité dans l’axe est égale à celle rencontrée dans les rues de Shangaï, le PSG s’adapte, et cherche rapidement les côtés – comme sur le premier but – ou alors la profondeur vers ses attaquants. Par deux fois, Verratti s’essaye à l’ouverture. Et contrairement à Sarkozy, cela fonctionne. La première pour Cavani, qui régale d’un contrôle porte-manteau, mais ne peut reprendre face à Lopes. La deuxième, pour Lavezzi, qui ne régale pas et perd le ballon. Celui-ci revient toutefois sur Cavani qui déclenche une superbe demi-volée que détourne difficilement Lopes.

Ces deux occasions ne plaisent pas au Lyonnais, qui s’énervent, agacés par l’agressivité et la malice parisienne. Il faut un Lannoy autoritaire pour couper court aux invectives. « Non, non, non ». Un Lannoy on mic d’ailleurs : et il est sûrement là le vrai trésor de la soirée. Et quand ce n’est suffisant pour calmer tout le monde, il suffit juste de sanctionner un joueur pour calmer tous les autres. Et à ce jeu-là, c’est toujours Verratti qui sort vainqueur. Gufetto Style.

Lucas
Lucas, artiste avant tout

Les Parisiens insistent sur les points faibles lyonnais : la largeur et la profondeur. Et c’est dans la profondeur qu’ils vont trouver la faille. Sur une ouverture éclair de TS, Lucas touche bizarrement le ballon de la nuque, avant d’être légèrement accroché par Lopes. L’action se déroule en dehors de la surface, et pourtant Mr Lannoy siffle un penalty. Cavani, ému par tant de sollicitude, ne se gêne pas pour transformer : 2-0, et le match semble se changer en partie de plaisir pour le PSG. Motta, lui, en grand professionnel, n’oublie pas ses obligations, et commence déjà à gagner du temps. Sur un léger contact avec un lyonnais, il s’écroule, et gratte quelques dizaines de secondes. On ne joue que la 34è minute ? It doesn’t Motta.

Beaucoup plus agressifs à la récupération, les parisiens étouffent les Lyonnais. Ainsi, 5 minutes après le but, Lucas démontre sa facilité à utiliser simultanément le joystick et R1. Résultat ? Un décalage parfait pour Cavani, qui trouve que là c’est trop, trop de gentillesse, trop de facilité, et seul face à Lopes, il envoie le ballon au-dessus.

Une mi-temps dominée par le PSG, qui aura vu l’OL se révolter l’espace d’une dizaine de minutes. Le pressing agressif des parisiens en fin de première période leur a permis de récupérer le ballon très haut et de se créer bon nombre d’occasions dangereuses.

Le PSG a su résoudre la problématique posée par le bloc lyonnais en cherchant de façon alternée les côtés et les espaces dans la profondeur.

Les Parisiens auront besoin de 5minutes de plus que les Lyonnais pour se remettre dans le match. L’OL en profite logiquement pour s’arroger la possession. A la 50ème, Lacazette est recherché dans la profondeur mais il trouve sur sa route le torse d’Alex. Puis Lacaz’ est victime d’un coup du sombrero de TS. Sale soirée. Ces deux interventions successives vont réveiller les parisiens. Maxwell, omniprésent sur son côté, est ainsi constamment recherché.

Garde, conscient que son équipe doit réagir, fait rentrer Briand à la place de Dabo, un choix délibérément offensif. Et cela paye immédiatement : TS se risque à une relance dangereuse dans l’axe vers Lucas. Lacazette trainaît par là, récupère, avant de montrer à son tour sa dextérité à jongler entre joystick et R1 : il effectue une percée fantastique dans l’axe où il résiste à Jallet – normal – puis loge une frappe à mi-hauteur, petit côté, que Douchez ne peut toucher. 2-1.

Lyon tente alors de profiter de la fébrilité entrevue chez les Parisiens. Leur pressing est plus incisif : ainsi, par deux fois, TS se fait subtiliser la balle, alors que ce n’est pourtant pas son genre. L’OL pousse, et fait reculer les Parisiens, qui ne sont jamais aussi mal à l’aise que lorsqu’il faut défendre bas.

Blanc se décide donc à réagir en faisant rentrer Cabaye à la place de Verratti, et Pastore à la place du Pocho. Mais Paris ne réussit pas pour autant à profiter des espaces créés par le pressing extrêmement haut des Lyonnais. Lyon insiste, et à la 80ème minute, Lacazette trouve Fékir, qui lui ne trouve que le petit filet. Mais contrairement au match face à Chelsea, l’équipe parisienne est bien organisée. Solide car installé bas dans son camp, le bloc parisien ne laisse que peu d’espaces d’expression aux Lyonnais.

Blanc, en grand seigneur, décide de conserver le suspense en faisant rentrer Ménez, un homme susceptible de lâcher son marquage à tout instant, hein Fabinho…

Mais les deux corners lyonnais en toute fin de match ne donneront rien, car Douchez profite d’une des ses rares apparitions pour faire admirer son autorité dans les airs.

Le PSG s’impose donc au terme d’un match où il aura rencontré quelques difficultés. Cependant, l’attaque parisienne s’est parfaitement adaptée en choisissant d’insister sur le jeu dans la profondeur, et la recherche rapide des côtés. Ces deux options auront permis aux Parisiens de s’imposer, bien aidé il est vrai par l’arbitrage à Lannoy de « Non, non, non » Stéphane. Les Lyonnais ont su se montrer dangereux, notamment par Lacazette, l’homme le plus en vue côté rhodanien, et grâce à un jeu rapide basé sur la contre-attaque.

Malheureusement pour eux, Edinson était présent, et il était dans un bon jour. L’Equipe titre ce matin : « Paris bénit Cavani ». On sent déjà les vestes se retourner…toujours du bon côté.

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