PSG 2 – 2 Lorient: mes impressions

Comme lors du match de la saison précédente, force est de constater que Christian Gourcuff avait parfaitement préparé ses troupes pour cette rencontre. Bien organisés et solidaires, les lorientais ont cependant bien plus souffert défensivement que l’ année passée mais sont parvenus à garder la même efficacité offensive, avec il est vrai l’aide de la défense parisienne. Mes impressions.

Une défense naïve et un milieu en souffrance

L’organisation défensive du match fût un véritable désastre. Les quatre défenseurs et les trois milieux axiaux ont semblé terriblement manquer de repères et ont été constamment dépassés lors des rares coups de boutoir lorientais. La défense et le milieu parisien, par leur manque d’agressivité, ont laissé toute leurs libertés aux merlus pour opérer en contre. Sur le premier but, personne n’ayant compensé la montée de Jallet dans le couloir droit, Monnet- Paquet est libre, remonte le ballon de 60 mètres (avec un relais) sans aucune forme d’opposition si ce n’est un tacle de Verratti digne d’un poussin de Verratti. Le but contre son camp inscrit par Maxwell est anecdotique et démontre la réussite maximale de l’équipe de Gourcuff, le centre raté (qui cherchait-il à servir) de Monnet-Paquet étant dévié par Sakho pour arriver malencontreusement dans les pieds de Maxwell qui la glisse alors entre les jambes de Douchez. Les progrès du secteur défensif seront à suivre car le second but est une simple répétition de l’action ayant entraîné le premier but. Lavezzi perd le ballon aux 35m lorientais, l’absence de Jallet, monté lors de l’action, n’est pas compensée et Aliadière n’a plus qu’à se balader librement dans une défense particulièrement passive (Alex et Verratti en particulier). Étant donné que les attaquants parisiens ne vont fournir que peu d’efforts défensifs, ne serait-il pas judicieux de limiter l’apport offensif des latéraux ? Autre point négatif, j’ai trouvé les prestations de Verratti et Bodmer bien en deçà de celle de Chantôme. Le jeune espoir italien, juste dans ses passes (85% de réussite), a cependant tardé à libérer le ballon ce qui a ralenti le jeu de l’équipe. Il a également par moment pris des risques inutiles. Un peu plus juste au niveau de la précision de ses passes (80% contre une moyenne de 84% pour l’équipe) Bodmer a surtout péché par son incapacité à jouer à ce poste qui requiert une capacité à harceler l’adversaire, à venir gratter des ballons et participer aux phases offensives. Depuis son arrivée au club, Bodmer n’a jamais démontrer une franche envie dans cet aspect plus ingrat de « travailleur de l’ombre », passant plutôt son temps à trottiner derrière ses adversaires. Son association avec Verratti  a donc clairement fragilisé l’équilibre du milieu de terrain et en ce sens le choix d’Ancelotti peut paraître logiquement contestable. Au poste de 6, un joueur tel que Matuidi apporterait bien plus au collectif car il est à même de remplir les trois fonctions citées précédemment, sans hésiter à se projeter vers l’avant comme l’atteste le penalty obtenu. Son entrée a  dynamisé un PSG beaucoup plus conquérant à la récupération.

Une attaque prometteuse

Le secteur offensif composé de Ménez, Lavezzi, et Ibrahimovic, ne dispose par réellement de repères et cela s’est senti dans l’organisation offensive parisienne. Malgré une forte emprise sur le jeu (64% de possession de balle), l’animation offensive doit s’améliorer car le jeu des parisiens était  à 53% latéral. Au vu du nombre d’occasions ratées, l’entente entre les trois comparses semble pourtant prometteuse. Avec une condition physique disparate, Ibra se jugeant même à 40% de ses capacités, il va être intéressant de suivre le développement des automatismes sur le front de l’attaque parisienne. Nous ne pouvons qu’imaginer les ravages susceptibles d’être causés par ce trident lorsqu’on lit les déclarations de Grégory Bourillon sur un Ibra loin de sa forme optimale: « Physiquement, il est monstrueux et, techniquement, il est capable de gestes de classe mondiale. C’est un joueur comme on n’en a jamais connu en Ligue 1. Il est imprenable dans le domaine aérien. On jouait tous les ballons de la tête, lui de la poitrine. »  Malgré une prestation plutôt discrète durant laquelle il s’est éteint au fil du match, j’ai beaucoup apprécié la combativité de Lavezzi qui ne s’écroule pas au moindre contact et n’a pas hésité à « aller aux charbon » à plusieurs reprises. D’autres joueurs parisiens gagneraient à s’en inspirer. Il y a cependant un point qui fût particulièrement déplaisant: l’organisation douteuse des coups de pieds de coin. Lors du premier corner parisien on a pu voir Ibra au drapeau pour le tirer, s’interrogeant avec ses coéquipiers pour savoir à qui revenait cette charge avant que Chantôme ne vienne finalement botter le corner. L’équipe ne semblait pas préparée à l’éventualité d’avoir à tirer un corner et ceux ci furent dans l’ensemble assez mal joués.

Il apparait clairement que l’équipe est encore loin de sa vitesse de croisière, l’arrivée de Thiago Silva devrait apporter plus d’assurance en défense, le retour de Pastore qui fût intéressant lors des matchs de préparation au poste de milieu relayeur devrait également équilibrer le collectif. Il va cependant falloir que cette mayonnaise prenne rapidement pour ne pas voir la France du foot et les médias se délecter d’éventuels déboires au PSG.

A propos de l'auteur

Vous aimerez aussi

Répondre