PSG 4 – 1 ACA mes impressions

Au terme de cette 26e journée, le PSG reprend la tête du classement de Ligue 1 au profit de sa victoire contre Ajaccio et du match nul de Montpellier à Dijon (1-1) . Cette large victoire 4-1 contre Ajaccio va faire du bien au moral des parisiens après un mois de février compliqué, mais contrairement à ce que laisse penser le score, tout n’a pas été si rose et beaucoup de travail reste à effectuer.

Pour rappel, les parisiens se sont imposés contre le dix-huitième du classement, hier au Parc des Princes, sur un score élogieux de quatre buts à un avec des réalisations signées Pastore, Ménez, Hoarau et Nenê contre un but de Poulard. Mais que ce match fût pénible à suivre ! Retour rapide sur quelques éléments d’analyse du contenu de la rencontre.

Première remarque, après deux mois de travail, Ancelotti a abandonné son habituel 4-3-2-1 pour revenir à un 4-2-3-1, justifiant son choix par une plus grande familiarité des joueurs à ce schéma. J’aurais plutôt tendance à croire qu’il s’est rendu compte de la faiblesse du secteur offensif et qu’avec uniquement trois joueurs, tous situés dans l’axe, pour mener les phases offensives, l’équipe manque de solution. Il a donc opté pour un retour au dispositif que son prédécesseur avait mis en place avec succès. La suspension de Sissoko et l’absence de Bodmer peuvent bien évidement justifier ce nécessaire retour en arrière mais avec la présence de Pastore (qu’Ancelotti semblerait être prêt à faire reculer d’un cran) et de Chantôme contredisent en partie cette théorie.

Deuxièmement, le secteur défensif est en progrès avec la présence d’Alex aux côtés de Sakho. Une certaine complicité semble se développer entre les deux joueurs, complicité qui n’apparaissait pas avec Lugano. Cependant, depuis maintenant quelques matchs, je trouve le capitaine Sakho moins bon, il rate beaucoup de ballons faciles à jouer mais, plus grave, il prend des risques inutiles. J’ai pour exemple une perte de balle sur une protection alors que le ballon filait en six mètres ou un amorti poitrine risqué face à Socrier.

Troisième point, le milieu de terrain. C’est dans cette zone de jeu qu’évolue la véritable star de l’équipe en la personne de Thiago Motta, qui ne boxe définitivement pas dans la même catégorie que ses compères (un peu à l’image d’un Mormeck face à Klitschko). Même s’il a réalisé un match moyen contre Ajaccio, sa technique balle au pied est tout simplement un modèle pour ses coéquipiers. Il essaie toujours de jouer simple et ses passes sont justes et appuyées, ce qui est assez remarquable. Vous pourrez observer lors de ses prochaines performances, qu’une fois qu’il a le ballon, il ne le regarde plus et joue très sereinement. Motta est donc en mesure de prendre de l’information et d’analyser la situation en temps réel. Le contraste est flagrant quand derrière il effectue une passe à Nenê (à un degré moindre) ou surtout à Ménez et ses prises d’information sporadiques. Il m’irrite dès qu’il touche la balle, il ne voit pas les solutions car il évolue en permanence la tête dans le gazon. Le faire jouer avec une minerve aiderait grandement l’équipe.

Quatrième point, l’autre problème du milieu de terrain, le plus critique, c’est véritablement l’absence de mouvement et le peu de solutions proposées par Pastore et Ménez. Leur faible engagement lors des phases défensives pourrait à la limite s’excuser s’ils s’activaient beaucoup plus lorsque le PSG passe en phase offensive mais ce n’est pas tout le temps le cas. Malgré leur but respectif, ces deux « traine-savate » (et je pèse mes mots) sont les boulets de l’équipe. Les joueurs de haut niveau se reconnaissent en partie par la constance de leur performance et force est de constater que Pastore n’a rien à voir avec un Seedorf même âgé de 35 ans (pour ceux qui l’auraient ratée, je vous renvoie à la déclaration d’ Ancelotti dans la presse italienne).

Cinquièmement, j’ai du mal à comprendre l’avantage qu’il y à disposer de joueurs offensifs n’évoluant pas dans leurs couloirs respectifs à la manière d’un Robben. En la personne d’Hoarau, le PSG dispose d’un grand attaquant (par la taille), lui offrir des centres lui permettrait de bénéficier de ballons intéressants à jouer de la tête dans la surface, mais en positionnant Ménez à gauche et Nenê à droite, Ancelotti nous indique clairement que cela ne fait pas partie de son plan de jeu. Comme à son habitude, Ménez n’a pas délivré le moindre centre (source: LFP) quand Nenê en a effectué cinq (source: LFP), soit son plus faible nombre de centres par match de la saison (on notera qu’il est repassé à gauche à la sortie de Ménez). L’étude de cette statistique révèle d’ailleurs un des gros points faibles du PSG. Dans le football moderne où pour créer des espaces face à des systèmes défensifs bien organisés et regroupés dans l’axe, la solution passe souvent par un jeu étiré sur les ailes, il est assez surprenant de constater la grande disparité qu’il existe entre le nombre de centres effectués par Nenê depuis le début de saison (265 en 25 journées) et Ménez (43 en 23 journées, soit moins que Jallet, arrière droit ou milieu, avec 56 en 22 journées et légèrement plus que Ceara 38 en 21). Le PSG ne haussera son niveau de jeu et ne parviendra à proposer un jeu régulièrement efficace que par un engagement total de TOUS ces joueurs, de la simplicité et de la solidarité.

Enfin, un mot sur l’attaquant, ou plutôt les attaquants. Le bouleversement dans la hiérarchie ne fait plus aucun doute maintenant. Après ses deux buts inscrits à Gerland, Hoarau marque ce soir le but du 3-1 qui « assure » la victoire du PSG. Surtout, et même si je reste sceptique quant à la qualité intrinsèque d’un Hoarau, son apport dans ce système avec une seule pointe est beaucoup plus riche que celui de Gameiro. Même lorsqu’il part seul presser la première relance adverse, Hoarau est en réussite. Par son jeu de tête, il représente une menace permanente pour les défenseurs. Il doit cependant vraiment améliorer son jeu balle au pied, ses passes étant très souvent approximatives, et je n’évoquerai pas sa conduite de balle.

Au final, Paris a gagné, tous les joueurs du secteur offensif ont marqué mais la prestation fut plus que laborieuse, il va falloir fournir beaucoup plus à l’avenir car il n’est pas dit que tous les adversaires soient aussi tendres que les Corses qui auraient pu espérer mieux.

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